| Palestine
. Les factions palestiniennes
échouent à s'entendre sur les modalités d'une trêve avec
Israël. |
Dialogue
infructueux |
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Les
douze formations palestiniennes réunies au Caire se sont
séparées dimanche après quatre jours de discussions sans
parvenir à un accord sur un arrêt, même partiel, des opérations
anti-israéliennes. « Le dialogue est terminé.
Des divergences ont persisté sur la question du cessez-le-feu
mutuel » entre Palestiniens et Israéliens, a
déclaré un délégué du Front Populaire de Libération de
la Palestine (FPLP), Maher Al-Taher. De son côté, Mohamad
Nezal, membre du bureau politique du mouvement islamiste
Hamas, qui participait aux pourparlers, a indiqué
que les délégations palestiniennes ne sont pas parvenues
à un accord au sujet d'une trêve. « Nous pensons
que ce n'est pas aux Palestiniens qu'il faut demander
d'arrêter les attaques, mais c'est le premier ministre
israélien Ariel Sharon qui doit arrêter son agression
contre le peuple palestinien », a-t-il estimé.
L'Egypte
et l'Autorité palestinienne avaient demandé que ces consultations
aboutissent à la déclaration d'une trêve d'un an dans
les attaques anti-israéliennes, qui leur permettrait de
demander aux Etats-Unis de faire pression sur le premier
ministre israélien Ariel Sharon pour qu'il applique les
engagements stipulés par la Feuille de route, le dernier
plan de paix international.
D'autre part,
il n'y a pas eu d'accord non plus sur la question d'épargner
les civils des deux côtés. Cette déclaration aurait signifié
l'arrêt des attentats suicide menés notamment par le Hamas
et le Djihad islamique en territoire israélien,
mais ne serait pas appliquée aux attaques contre les militaires
et les colons israéliens en Cisjordanie et dans la bande
de Gaza, occupées en 1967. Le Fatah de Yasser Arafat
voulait que le fait d'épargner les civils ne soit pas
assorti de conditions, alors que les autres factions posaient
comme conditions la levée du blocus des localités et camps
palestiniens, l'arrêt des incursions, assassinats, expulsions,
saisies de terrains et destructions de maisons, et la
libération de tous les Palestiniens détenus dans les prisons
israéliennes.
D'autres
divergences, révélatrices des luttes de pouvoir, sont
apparues. Les deux organisations islamistes (Hamas
et Djihad) et trois formations radicales, le FPLP
(Front Populaire de Libération de la Palestine), le FPLP-Commandement
général et la Saïka, ont ainsi « refusé de mandater
l'Autorité palestinienne » pour négocier en leur
nom un cessez-le-feu, car cela « signifierait
une acceptation de la Feuille de route » rejetée
par ces formations, selon une source proche des participants.
« Nous craignons qu'au cas de mandat, l'Autorité
pourrait conclure un accord dont nous pouvons être insatisfaits »,
a continué M. Nezal.
Toutefois,
les délégués se sont abstenus de qualifier d'« échec »
ces réunions inter-palestiniennes entamées jeudi au Caire
sous l'égide du chef du service des renseignements égyptiens,
Omar Souleimane. Ils se sont dits déterminés à poursuivre
leur dialogue. Le premier ministre palestinien, Ahmad
Qoreï, avait participé dimanche aux pourparlers. A son
arrivée samedi en Egypte, M. Qoreï avait réaffirmé qu'il
n'y aurait pas « de cessez-le-feu gratuit ou unilatéral ».
Tout cessez-le-feu doit être proclamé « en contrepartie
d'un engagement israélien sur l'arrêt de toute forme d'attaque
contre le peuple palestinien et les territoires palestiniens »,
avait-il ajouté. |
Israël impassible
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Réagissant
à l'échec des factions palestiniennes à s'entendre sur
une trêve, Israël a estimé dimanche que cet échec éloigne
la perspective d'un Etat palestinien, mais ne change rien
pour l'Etat hébreu. Israël refuse, en effet, toute trêve
dans les violences qui ne serait que partielle. Profitant
de la dissidence interpalestinienne, le premier ministre
israélien Ariel Sharon a jeté la balle dans le camp palestinien
en annonçant dimanche qu'Israël était prêt à stopper ses
attaques si les Palestiniens cessaient les leurs et qu'un
« calme complet » régnait.
Un responsable
à la présidence du Conseil a également confirmé que M.
Sharon envisageait des « mesures unilatérales
si la Feuille de route dérape totalement et si l'Autorité
palestinienne s'effondre ».
« Nous
devons nous préparer à ce scénario », a poursuivi
ce responsable sans donner d'autres détails.
Interrogé
par la presse sur les décisions unilatérales, tel un retrait
partiel unilatéral des territoires palestiniens et un
démantèlement d'une partie des colonies israéliennes préconisés
par le vice-premier ministre Ehud Olmert, M. Sharon s'est
refusé de répondre. M. Olmert a pour sa part réaffirmé
à la radio qu'un « retrait unilatéral israélien
est indispensable pour conserver le caractère juif de
l'Etat d'Israël ».
Sa proposition
a divisé profondément dimanche le gouvernement israélien.
M. Olmert avait affirmé vendredi que compte tenu de l'évolution
démographique, Israël n'avait pas d'autre choix que d'accepter
un Etat palestinien à ses côtés s'il « voulait
préserver son caractère juif et démocratique »,
reprenant l'argument central de la gauche.
Sur le terrain,
la situation n'est guère meilleure. Quinze Palestiniens
ont été arrêtés dimanche soir lors d'une incursion de
soldats israéliens dans la ville de Tulkarem, dans le
nord de la Cisjordanie, ont indiqué des responsables des
services de sécurité palestiniens. Jeudi soir et vendredi
matin, douze détenus administratifs palestiniens, maintenus
en prison sans procès, ont été expulsés de Cisjordanie
vers la bande de Gaza sur ordre de l'autorité militaire,
après le feu vert de la Cour suprême d'Israël. |
Atef
Saqr |
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Arafat ...
deux ans
de siège |
Le siège
du président Yasser Arafat à Ramallah est entré dans sa
troisième année sans aucune perspective de changement
à court terme. Mais sur le plan politique, Israël a échoué
dans sa volonté de le marginaliser, le leader palestinien
étant plus que jamais incontournable.
A l'exception
d'une brève tournée en Cisjordanie, M. Arafat est confiné
à son quartier général depuis que celui-ci a été encerclé
pour la première fois par les chars israéliens le 3 décembre
2001 en riposte à deux attentats suicide du Hamas.
Mais en dépit du soutien américain à la politique du gouvernement
israélien d'Ariel Sharon visant à éliminer Yasser Arafat
de la scène politique, l'Etat juif n'est pas parvenu à
marginaliser le vieux chef du mouvement nationaliste palestinien
qui continue de tirer les ficelles du pouvoir. Il a certes
accepté, sous la pression de la communauté internationale,
de créer un poste de premier ministre, dont le premier
titulaire, Mahmoud Abbass, a d'ailleurs démissionné quatre
mois seulement après son entrée en fonction, mais M. Arafat
a réussi à garder le contrôle des services de sécurité
de l'Autorité d'autonomie. Il a aussi réussi à imposer
son candidat au ministère-clé de l'Intérieur au successeur
de M. Abbass, Ahmad Qoreï.
En fait,
la politique de M. Sharon à l'encontre de son vieux ennemi
s'est retournée contre lui, l'épreuve de M. Arafat ayant
fait croître sa popularité auprès des siens et dans le
monde arabe. Les Palestiniens n'ont jamais été prêts à
accepter qu'un pays étranger, qui de surcroît est une
puissance coloniale, leur impose un leader. Tant qu'Israël
assiège Arafat, le peuple palestinien le défendra et le
soutiendra.
Conscient
de ce fait, le cabinet de sécurité israélien a tenté de
se débarrasser de M. Arafat en donnant le 11 septembre
son feu vert au principe de son expulsion. Mais face à
une désapprobation internationale unanime, y compris des
Etats-Unis, M. Sharon a dû battre en retraite, estimant
en octobre qu'une telle mesure « ne serait pas
bon pour Israël ».
Même s'il
n'a pas le même pouvoir qu'il y a deux ans, M. Arafat
est donc toujours à la barre, du moins dans le domaine
sécuritaire. Qui plus est, il cherche à travers le lancement
de l'Initiative de Genève à affaiblir politiquement son
vieux ennemi, Ariel Sharon. Malgré le rejet de ce projet
de paix non officiel par les principaux mouvements palestiniens,
dont le sien, le Fatah, M. Arafat a envoyé son
conseiller pour la sécurité, Jibril Rajoub, et le ministre
Qadoura Farès assister en Suisse à la cérémonie de lancement
de ce plan, le 1er décembre. Une allocution au nom de
M. Arafat a été lue au cours de la cérémonie. En annonçant
son départ pour Genève, le général Rajoub a souligné que
sa présence à la cérémonie « reflète le désir
de la direction palestinienne d'encourager le camp de
la paix en Israël ».
La décision
de M. Arafat de dépêcher le général Rajoub et M. Farès
en Suisse est intervenue peu après le rejet de l'initiative
par le comité central du Fatah, dont des membres
ont renoncé par conséquent à assister à la cérémonie de
lancement. Mais, le président Arafat n'a pas voulu sacrifier
les gains que l'Initiative de Genève peut lui apporter.
Pour lui, c'est une occasion pour redorer son blason,
montrer aux Etats-Unis qu'il est un homme de paix et mettre
en difficulté M. Sharon, qui a rejeté sans ménagement
ce plan de paix symbolique. Conscient qu'il y a un consensus
international selon lequel M. Sharon est un obstacle à
la paix, le leader palestinien est convaincu que l'Initiative
de Genève peut être très bénéfique, en contribuant à ternir
l'image du premier ministre israélien et à entraîner,
à terme, sa chute.
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