Hebdomadaire égyptien en langue française en ligne chaque mercredi

L'événement

La Une
L'événement
Le dossier
L'enquête
Nulle part ailleurs
L'invité
L'Egypte
Affaires
Finances
Le monde en bref
Points de vue
Commentaire
d'Ibrahim Nafie

Carrefour
de Mohamed Salmawy

Idées
Portrait
Littérature
Arts
Société
Sport
Escapades
Patrimoine
Loisirs
Echangez, écrivez
La vie mondaine

Palestine . Les factions palestiniennes échouent à s'entendre sur les modalités d'une trêve avec Israël.

Dialogue infructueux

Les douze formations palestiniennes réunies au Caire se sont séparées dimanche après quatre jours de discussions sans parvenir à un accord sur un arrêt, même partiel, des opérations anti-israéliennes. « Le dialogue est terminé. Des divergences ont persisté sur la question du cessez-le-feu mutuel » entre Palestiniens et Israéliens, a déclaré un délégué du Front Populaire de Libération de la Palestine (FPLP), Maher Al-Taher. De son côté, Mohamad Nezal, membre du bureau politique du mouvement islamiste Hamas, qui participait aux pourparlers, a indiqué que les délégations palestiniennes ne sont pas parvenues à un accord au sujet d'une trêve. « Nous pensons que ce n'est pas aux Palestiniens qu'il faut demander d'arrêter les attaques, mais c'est le premier ministre israélien Ariel Sharon qui doit arrêter son agression contre le peuple palestinien », a-t-il estimé.

L'Egypte et l'Autorité palestinienne avaient demandé que ces consultations aboutissent à la déclaration d'une trêve d'un an dans les attaques anti-israéliennes, qui leur permettrait de demander aux Etats-Unis de faire pression sur le premier ministre israélien Ariel Sharon pour qu'il applique les engagements stipulés par la Feuille de route, le dernier plan de paix international.

D'autre part, il n'y a pas eu d'accord non plus sur la question d'épargner les civils des deux côtés. Cette déclaration aurait signifié l'arrêt des attentats suicide menés notamment par le Hamas et le Djihad islamique en territoire israélien, mais ne serait pas appliquée aux attaques contre les militaires et les colons israéliens en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, occupées en 1967. Le Fatah de Yasser Arafat voulait que le fait d'épargner les civils ne soit pas assorti de conditions, alors que les autres factions posaient comme conditions la levée du blocus des localités et camps palestiniens, l'arrêt des incursions, assassinats, expulsions, saisies de terrains et destructions de maisons, et la libération de tous les Palestiniens détenus dans les prisons israéliennes.

D'autres divergences, révélatrices des luttes de pouvoir, sont apparues. Les deux organisations islamistes (Hamas et Djihad) et trois formations radicales, le FPLP (Front Populaire de Libération de la Palestine), le FPLP-Commandement général et la Saïka, ont ainsi « refusé de mandater l'Autorité palestinienne » pour négocier en leur nom un cessez-le-feu, car cela « signifierait une acceptation de la Feuille de route » rejetée par ces formations, selon une source proche des participants. « Nous craignons qu'au cas de mandat, l'Autorité pourrait conclure un accord dont nous pouvons être insatisfaits », a continué M. Nezal.

Toutefois, les délégués se sont abstenus de qualifier d'« échec » ces réunions inter-palestiniennes entamées jeudi au Caire sous l'égide du chef du service des renseignements égyptiens, Omar Souleimane. Ils se sont dits déterminés à poursuivre leur dialogue. Le premier ministre palestinien, Ahmad Qoreï, avait participé dimanche aux pourparlers. A son arrivée samedi en Egypte, M. Qoreï avait réaffirmé qu'il n'y aurait pas « de cessez-le-feu gratuit ou unilatéral ». Tout cessez-le-feu doit être proclamé « en contrepartie d'un engagement israélien sur l'arrêt de toute forme d'attaque contre le peuple palestinien et les territoires palestiniens », avait-il ajouté.


Israël impassible

Réagissant à l'échec des factions palestiniennes à s'entendre sur une trêve, Israël a estimé dimanche que cet échec éloigne la perspective d'un Etat palestinien, mais ne change rien pour l'Etat hébreu. Israël refuse, en effet, toute trêve dans les violences qui ne serait que partielle. Profitant de la dissidence interpalestinienne, le premier ministre israélien Ariel Sharon a jeté la balle dans le camp palestinien en annonçant dimanche qu'Israël était prêt à stopper ses attaques si les Palestiniens cessaient les leurs et qu'un « calme complet » régnait.

Un responsable à la présidence du Conseil a également confirmé que M. Sharon envisageait des « mesures unilatérales si la Feuille de route dérape totalement et si l'Autorité palestinienne s'effondre ».

« Nous devons nous préparer à ce scénario », a poursuivi ce responsable sans donner d'autres détails.

Interrogé par la presse sur les décisions unilatérales, tel un retrait partiel unilatéral des territoires palestiniens et un démantèlement d'une partie des colonies israéliennes préconisés par le vice-premier ministre Ehud Olmert, M. Sharon s'est refusé de répondre. M. Olmert a pour sa part réaffirmé à la radio qu'un « retrait unilatéral israélien est indispensable pour conserver le caractère juif de l'Etat d'Israël ».

Sa proposition a divisé profondément dimanche le gouvernement israélien. M. Olmert avait affirmé vendredi que compte tenu de l'évolution démographique, Israël n'avait pas d'autre choix que d'accepter un Etat palestinien à ses côtés s'il « voulait préserver son caractère juif et démocratique », reprenant l'argument central de la gauche.

Sur le terrain, la situation n'est guère meilleure. Quinze Palestiniens ont été arrêtés dimanche soir lors d'une incursion de soldats israéliens dans la ville de Tulkarem, dans le nord de la Cisjordanie, ont indiqué des responsables des services de sécurité palestiniens. Jeudi soir et vendredi matin, douze détenus administratifs palestiniens, maintenus en prison sans procès, ont été expulsés de Cisjordanie vers la bande de Gaza sur ordre de l'autorité militaire, après le feu vert de la Cour suprême d'Israël.

Atef Saqr
Arafat ... deux ans
de siège

Le siège du président Yasser Arafat à Ramallah est entré dans sa troisième année sans aucune perspective de changement à court terme. Mais sur le plan politique, Israël a échoué dans sa volonté de le marginaliser, le leader palestinien étant plus que jamais incontournable.

A l'exception d'une brève tournée en Cisjordanie, M. Arafat est confiné à son quartier général depuis que celui-ci a été encerclé pour la première fois par les chars israéliens le 3 décembre 2001 en riposte à deux attentats suicide du Hamas. Mais en dépit du soutien américain à la politique du gouvernement israélien d'Ariel Sharon visant à éliminer Yasser Arafat de la scène politique, l'Etat juif n'est pas parvenu à marginaliser le vieux chef du mouvement nationaliste palestinien qui continue de tirer les ficelles du pouvoir. Il a certes accepté, sous la pression de la communauté internationale, de créer un poste de premier ministre, dont le premier titulaire, Mahmoud Abbass, a d'ailleurs démissionné quatre mois seulement après son entrée en fonction, mais M. Arafat a réussi à garder le contrôle des services de sécurité de l'Autorité d'autonomie. Il a aussi réussi à imposer son candidat au ministère-clé de l'Intérieur au successeur de M. Abbass, Ahmad Qoreï.

En fait, la politique de M. Sharon à l'encontre de son vieux ennemi s'est retournée contre lui, l'épreuve de M. Arafat ayant fait croître sa popularité auprès des siens et dans le monde arabe. Les Palestiniens n'ont jamais été prêts à accepter qu'un pays étranger, qui de surcroît est une puissance coloniale, leur impose un leader. Tant qu'Israël assiège Arafat, le peuple palestinien le défendra et le soutiendra.

Conscient de ce fait, le cabinet de sécurité israélien a tenté de se débarrasser de M. Arafat en donnant le 11 septembre son feu vert au principe de son expulsion. Mais face à une désapprobation internationale unanime, y compris des Etats-Unis, M. Sharon a dû battre en retraite, estimant en octobre qu'une telle mesure « ne serait pas bon pour Israël ».

Même s'il n'a pas le même pouvoir qu'il y a deux ans, M. Arafat est donc toujours à la barre, du moins dans le domaine sécuritaire. Qui plus est, il cherche à travers le lancement de l'Initiative de Genève à affaiblir politiquement son vieux ennemi, Ariel Sharon. Malgré le rejet de ce projet de paix non officiel par les principaux mouvements palestiniens, dont le sien, le Fatah, M. Arafat a envoyé son conseiller pour la sécurité, Jibril Rajoub, et le ministre Qadoura Farès assister en Suisse à la cérémonie de lancement de ce plan, le 1er décembre. Une allocution au nom de M. Arafat a été lue au cours de la cérémonie. En annonçant son départ pour Genève, le général Rajoub a souligné que sa présence à la cérémonie « reflète le désir de la direction palestinienne d'encourager le camp de la paix en Israël ».

La décision de M. Arafat de dépêcher le général Rajoub et M. Farès en Suisse est intervenue peu après le rejet de l'initiative par le comité central du Fatah, dont des membres ont renoncé par conséquent à assister à la cérémonie de lancement. Mais, le président Arafat n'a pas voulu sacrifier les gains que l'Initiative de Genève peut lui apporter. Pour lui, c'est une occasion pour redorer son blason, montrer aux Etats-Unis qu'il est un homme de paix et mettre en difficulté M. Sharon, qui a rejeté sans ménagement ce plan de paix symbolique. Conscient qu'il y a un consensus international selon lequel M. Sharon est un obstacle à la paix, le leader palestinien est convaincu que l'Initiative de Genève peut être très bénéfique, en contribuant à ternir l'image du premier ministre israélien et à entraîner, à terme, sa chute.

 

Pour les problèmes techniques contactez le webmaster

Adresse postale: Journal Al-Ahram Hebdo
Rue Al-Gaala, Le Caire - Egypte
Tél: (+202) 57 86 100
Fax: (+202) 57 82 631