| Le
ministère de l'Education a donné aux écoles un délai de 5 ans
à commencer de 2004 afin de se conformer aux critères de qualité.
Dans ce contexte, 70 000 professeurs seront formés selon
les critères nationaux établis récemment. A la suite de ce délai
de 5 ans, un organisme indépendant sera créé pour contrôler
et garantir la bonne application des critères de qualité dans
le domaine de l'enseignement. Selon les responsables, ces décisions
interviennent à la suite de l'ordre du président Moubarak d'appliquer
le système des critères de qualité globale dans le domaine de
l'éducation, de développer l'enseignement technique, de former
les professeurs et de répandre la technologie moderne dans les
écoles et les programmes scolaires.
Cette décision
a été favorablement accueillie par les spécialistes en pédagogie,
ainsi que par les politiciens. « Je suis tout à fait
pour la création de cet organisme à condition qu'il soit effectivement
indépendant. C'est une très bonne décision », estime
Abdel-Moneim Al-Oleimi, député indépendant qui avait présenté
une interrogation, à l'Assemblée du peuple, au ministre de l'Education
et a demandé la création d'une commission spéciale pour enquêter
sur les raisons de l'inefficacité du système éducatif. Selon
Al-Oleimi, il faut choisir des cadres techniques de très haut
niveau pour travailler dans cet organisme, lui garantir un financement
indépendant du gouvernement et lui créer des branches dans les
quatre coins de l'Egypte. Un avis partagé par Hassan Chéhata,
professeur de pédagogie et ancien président du Centre du développement
de l'enseignement à la faculté de pédagogie. « Il faut
que cet organisme soit indépendant et stable. Il doit être formé
d'un groupe d'intellectuels composé de professeurs en pédagogie
et en gestion, et de personnalités publiques loin de l'appareil
de l'Etat. Ceci veut dire que le caractère essentiel qui doit
marquer les membres de cet organisme est l'objectivité et l'indépendance
totales », affirme Hassan Chéhata. Et d'ajouter :
« Il est aussi indispensable que les différents points
d'évaluation soient bien définis. Il faut avoir des critères
différents pour les programmes, le niveau des professeurs, les
directeurs, etc. ».
D’aucuns ont cependant
des réserves concernant la création d'un organisme de contrôle.
Les partisans de cet avis estiment que ceci serait une reconnaissance
de la part du gouvernement que le ministère de l'Education n’a
pas été à la hauteur de son rôle et qu'il est nécessaire de
lui créer une sorte de ministère parallèle pour que le processus
éducatif soit plus efficace. « C'est une vérité qu'il
ne faut pas nier », insiste Abdel-Moneim Al-Oleimi.
Selon lui, le niveau de l'enseignement est devenu lamentable
et il faut agir très rapidement. Et d'ajouter : « Ce
n'est pas la première fois qu'on applique cette méthode, qui
a prouvé son efficacité ».
Il existe en fait
en Egypte, notamment dans le domaine économique, un nombre d'organismes
indépendants chargés du contrôle qui fonctionnent avec beaucoup
d'efficacité. Il s'agit par exemple de l'administration de contrôle
de qualité dans le domaine de l'industrie, de l'organisme de
l'assurance et de l'organisme central des comptes. « Ce
genre d'organisme a beaucoup réussi en Egypte. A mon avis, ce
serait une très bonne idée à appliquer dans le domaine de l'éducation,
notamment l'enseignement pré-universitaire qui est une véritable
catastrophe », explique Hanaa Khaïreddine, professeur
d'économie à l'Université du Caire. Selon elle, il faut procéder
à un véritable développement de la performance des fonctionnaires
au ministère de l'Education, parallèlement à la création de
cet organisme.
Il est prévu que
cet organisme soit directement dépendant de la présidence à
laquelle il devra présenter ces rapports. « Ceci garantira
que les indices qu'il donnera seront le reflet de la réalité
effective, sans complaisance et loin des intérêts personnels.
J'espère qu'il entrera en fonction le plus rapidement possible »,
affirme Hassan Chéhata. Le premier ministre, Atef Ebeid, a déclaré
la semaine dernière que le Conseil des ministres a décidé de
charger les ministres de l'Education et de l'Enseignement supérieur
de préparer un projet de loi relatif à la création de cet organisme
et définissant ses prérogatives. Le Conseil des ministres doit
discuter ce projet de loi dans une réunion prochaine pour le
présenter à la direction du Parti National Démocrate (PND, au
pouvoir) et aux députés du parti, ainsi qu'au ministère de la
Justice. |