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La planète foot en 32 couleurs
supplément spécial sur le mondial 2002

 

Coupe du monde. Epuisés par une longue saison européenne, les joueurs les plus médiatisés ont fait pâle figure. Et de grandes sélections comme l'Espagne, l'Allemagne et l'Italie traînent encore.
La débâcle des Grands

La Coupe du monde 2002 a sérieusement bousculé la hiérarchie du football mondial. La France, championne du monde et d'Europe, rêvait du doublet. Sacré gifle pour les Bleus un peu trop sûrs de leur génération dorée, forcée de rentrer au bercail, après une élimination historique au premier tour. Malgré un potentiel offensif épatant, Thierry Henri (Arsenal, Ang), David Trézéguet (Juventus, Ita) et Djibril Cissé (Auxerre), les Français n'ont pas réussi à marquer un seul but durant les 270 minutes disputées. 24 heures après, les Argentins, grandissimes favoris du titre, quittaient la pelouse du terrain de Miyagi (Japon) les larmes aux yeux après le coup de sifflet final de leur match contre la Suède (1-1) annonçant leur sortie au premier tour également. Les danseurs du Tango ont payé cher la mauvaise manœuvre du sélectionneur Marcelo Bielsa qui n'a pas su user des talents dont il disposait (Batistuta, Lopez, Crespo, Veron, Ortega). Même chose pour le Portugal de Luis Figo (Real Madrid, Esp), meilleur joueur du monde 2001, terrassé face à la Corée 0-1 et contraint d'oublier prématurément son rêve d'une place sur le podium. La Croatie, troisième du Mondial 1998, a dû aussi quitter le premier tour après sa défaite contre le Mexique 0-1 et surtout contre le très modeste Equateur 0-1. Tandis que d'autres anciens tenants du trophée comme l'Italie (1982, 1938, 1934) et l'Angleterre (1966) ont dû mordre la poussière pour rester dans la course.
Seul le Brésil, de nouveau numéro 1 dans tous les pronostics, et l'Espagne ont maintenu leur prestige en faisant un premier tour sans fautes, notamment grâce à un tirage au sort assez favorable.
Les observateurs, déçus, résument ainsi ce Mondial : un « massacre des géants ».


Blatter accuse les Fédérations nationales
Le président de la Fédération internationale de football, Joseph Blatter, s'en est pris aux Fédérations nationales qu'il tient pour responsables de l'altération du niveau des équipes. « Les fédérations ont étendu leurs saisons autant qu'elles l'ont pu pour en tirer le maximum de profit, sans se soucier de ce que les joueurs allaient disputer juste après la Coupe du monde qui doit normalement primer puisqu'elle est le plus grand événement footballistique du monde », avait déclaré Blatter.
En effet, tous les grands championnats européens ont joué les prolongations jusqu'à la première semaine de mai, ce qui a laissé peu de temps aux joueurs internationaux pour se reposer. Par exemple, pour Zidane comme pour Figo, la saison ne s'est achevée qu'au 15 mai avec le coup de sifflet final de la Ligue des champions, dont ils ont remporté le titre avec le Real Madrid. Qui plus est, la compétition a été particulièrement dure : le nombre de rencontres disputées par le vainqueur est passé de 9 matchs en 1994 à 17.
Pour la première fois dans l'histoire, des dizaines de joueurs, surtout ceux des grandes sélections, ont effectué de 50 à 60 matchs en 9 mois avant de disputer la Coupe du monde.
Même les grandes équipes européennes qui se sont qualifiées pour les huitièmes ou les quarts de finale telles que l'Espagne, l'Angleterre et l'Italie jouent un cran au-dessous de leur niveau.
D'ailleurs, le sélectionneur espagnol, José Antonio Camacho, avait signalé la médiocre condition physique de son équipe. « C'est vrai que les indices indiquent une meilleure forme que celle d'avant la Coupe d'Europe 2000, mais elle n'est pas l'idéal pour une équipe qui dispute le titre. En tout cas, je n'y peux rien et je pense que c'est une question qui nous embarrasse tous ». Camacho se plaignait d'avoir pas moins de cinq titulaires (Fernand Hierro, Fernand Morientes, Raul Gonzales, Iker Casillas) qui ont participé à la finale de la Ligue des champions à 15 jours seulement du Mondial, ce qui est bien sûr un énorme effort physique.
Zidane est tombé blessé et Figo n'a pas joué à son meilleur niveau, suscitant une énorme déception. Toutes les grandes stars semblent avoir flanché à un moment ou à un autre, de l'Italien Francesco Totti (Rome, Ita), à l'Argentin Gabriel Batistuta (Rome, Ita), en passant par les Français David Trézéguet (Juventus, Ita) et Viera (Arsenal).
La Fifa devra donc se pencher sur ce dossier et trouver une meilleure coordination entre le calendrier des Fédérations nationales et continentales, et celui de la Fifa. Sinon, le Mondial risque de perdre de son éclat ou de devenir une compétition de second rang.
Karim Farouk

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