Cliquez ici pour consulter le site web d'Al Ahram Hebdo

La planète foot en 32 couleurs
supplément spécial sur le mondial 2002

Mission impossible pour Beya

Bien que Zoubeir Beya, talentueux meneur de jeu de Beskitas (Turquie) et de la sélection tunisienne, ait présenté un niveau de jeu plutôt décevant lors de la dernière CAN (Coupe d'Afrique des Nations), il est pour la presse et le public tunisiens un joueur-clé pour la prochaine Coupe du monde. Les Tunisiens ont visé juste en misant sur lui. En réalité, personne ne pourrait objectivement négliger son talent et son expérience tirés de 4 participations à la CAN et d'une autre en Coupe du monde, même s'il a connu à un moment une certaine baisse de niveau.
Le parcours de Beya est des plus classiques. Né le 15 mai 1971 à Masaken, un quartier populaire de Tunis, Zoubeir Beya a vite été séduit par le plaisir de jouer. Ses qualités le conduisent inévitablement au Croissant Sportif de Masaken. Mais conscient des limites de ce club, il n'y voit pas de perspectives particulièrement prospères.
Fin 1991, les dirigeants de l’Etoile Sportive du Sahel (ESS) s'intéressent à lui. Et c'est au sein de ce grand club que Zoubeir Beya réussit à inscrire son nom sur la liste des joueurs vedettes, que ce soit en Tunisie ou plus largement en Afrique. Durant son parcours avec l'ESS, qui a duré 6 saisons et demie, les performances de Beya ont été excellentes. En 1996-1997, il décroche le titre de champion de Tunisie avec l'ESS, brisant ainsi le monopole des deux géants tunisiens, l'Espérance et le Club Africain. C'est aussi sous les couleurs de l'ESS que Beya a intégré les rangs de la sélection tunisienne. Le 16 décembre 1994, il dispute sa première sélection contre l'Algérie et depuis lors, il a conservé sa place en sélection comme un titulaire incontournable. La CAN 1996 a témoigné de la première apparition de Beya sur la scène africaine. Lors de cette compétition, il attire l'attention des observateurs par son style de jeu très technique et esthétique, ses passes décisives et sa clairvoyance. Grâce à cela, il a mené son équipe en finale avant de perdre 0-2 contre l'Afrique du Sud, pays hôte.
Sa force de caractère lui a aussi permis de s'imposer dans le professionnalisme, devenant l'un des piliers de l'équipe de Fribourg en championnat d'Allemagne, en 1997. Un statut jamais obtenu par un joueur tunisien. Dès sa première saison, Beya a confirmé son niveau de jeu, en menant, avec ses coéquipiers, l'équipe allemande en première ligue et en l'aidant à s'y maintenir les deux saisons suivantes pour finir par se qualifier pour la coupe de l'UEFA en 2000-01, année où il a aussi été capitaine de l'équipe. Après cet épisode allemand, Beya a rejoint le Beskitas, une des équipes vedettes de Turquie. Il l'a menée à la 3e place du championnat et en finale de la Coupe de Turquie.
Après cette excellente saison, Beya rêve logiquement de réaliser un exploit en Coupe du monde, c'est-à-dire réussir à se qualifier au moins pour le second tour. « C'est un bon groupe pour nous, on a la possibilité d'accomplir une belle performance dans ce Mondial », conclut très optimiste le meneur de jeu d'une équipe qui n'a toujours pas trouvé un jeu digne d'un second tour de Coupe du monde.

Nom : Zoubeir Beya.

Date de naissance : 15/05/1971.

Poste : Milieu.

Club : Beskitas.

Clubs successifs : Masaken (1985-1991), Etoile Sportive du Sahel (1991-1997), Fribourg (All) (1997- 2001), Beskitas (Tur).

Sélections : 71 sélections.

Palmarès : Finaliste de la CAN 1996, champion de Tunisie 1996, meilleur joueur tunisien 1996.

Particularités : 4 participations à la CAN 1996, 98, 2000, 2002.
1 participation à la Coupe du monde 1998.

 

Coupe du monde . Bénéficiant de la clémence du tirage au sort qui lui a désigné le Japon, la Russie et la Belgique comme adversaires, la Tunisie ne semble néanmoins pas en mesure de profiter de cette chance.
Les Aigles de Carthage en difficulté

Ces dernières années, la constance aura été la clé du succès pour la Tunisie qui s'apprête à disputer pour la troisième fois une phase finale de Coupe du monde. Cela n'est pas étonnant pour Sellimi, Beya, Kanzari qui évoluent ensemble depuis 1996, date à laquelle ils ont été retenus pour disputer les Jeux Olympiques (JO) d'Atlanta. Ces joueurs déjà expérimentés bénéficient en plus désormais du dynamisme de nouveaux talents tels qu'Ali Zitouni, Zied Al Jaziri et Hatem Al Trabelsi.

Mais les Aigles de Carthage sont malgré tout en baisse de régime depuis quelque temps. Malgré le fait qu'ils soient une équipe dominante dans leur groupe qualificatif de la Coupe du monde, les Tunisiens n'ont pas réussi à séduire face à des adversaires peu dangereux comme Madagascar, le Congo la RD Congo et même la Côte-d'Ivoire. La Coupe d'Afrique des Nations (CAN) 2002 a été la confirmation du désordre ambiant que connaissent les Tunisiens : ils ont été éliminés de manière humiliante dès le premier tour après avoir échoué à inscrire le moindre but au cours de leurs trois matchs (Zambie 0-0, Egypte 0-1 et Sénégal 0-0).

Les explications à cette baisse de rendement sont nombreuses. Les supporters et les médias affirment que la nonchalance de certains joueurs est patente depuis que certains joueurs ont été transférés vers des clubs hors de Tunisie. Ce qui a en conséquence diminué leur enthousiasme de jouer en sélection. Mais un autre aspect n'est pas non plus à négliger, à savoir l'instabilité du staff technique de la sélection. Alors qu'il avait entamé les phases de qualification en août 2000, Francesco Scoglio a été remplacé au beau milieu de son travail par l'Allemand Eckhard Krautzen, qui est aussi parti à l'issue positive des éliminatoires. Même le Français Henri Michel, amenant pourtant dans ses bagages une importante expérience sur le continent africain, n'a pas tenu plus de 8 mois avec la sélection puisqu'il a été limogé après la déconfiture de l'équipe en CAN 2002, pour être remplacé par le duo national Ammar Souayeh et Khémaies Laâbidi.

Ces derniers seront maintenant en charge d'accompagner l'équipe en Coupe du monde, car le temps a manqué aux responsables pour faire appel à un technicien étranger. Ils ont maintenu l'ossature de l'équipe malgré la pression des médias désireux de donner une chance à de nouvelles figures. Mais l'avis de l'encadrement technique est que «  les joueurs retenus ont beaucoup donné à la Tunisie et qu'il n'y a pas de raisons de les mettre à l'écart. Ils serviront beaucoup à la sélection et à leurs jeunes coéquipiers grâce à leur expérience dans le Mondial », comme l'a déclaré Ammar Souayeh, excluant ainsi toute possibilité de modification radicale de la sélection avant la Coupe du monde.


Un style très prudent

Malgré cette succession de quatre entraîneurs en sélection tunisienne, il semble que l'organisation défensive est le style qui définisse le mieux le jeu tunisien. Une défense à cinq organisée autour du trio de la charnière centrale avec Hamdi Al Marzouki, en libéro, Khaled Badra et Riad Al Jaïdi en stoppeurs. En plus de deux latéraux, Hatem Al Trabelsi (droit) et Raouf Bouzaiane ou José Clayton (gauche). Kais Al Ghodbane pivote, lui, en milieu de terrain pour contrer les attaques adverses laissant les missions offensives aux talents de Zoubeir Beya, pièce maîtresses de l'équipe, et Maher Al Kanzari ou Hassen Al Gabsi qui apportent leur support à un duo d'attaquants, Zied Al Jaziri et Adel Sellimi ou Ali Zitouni, remis d'une blessure.

Cette configuration, très prudente, a gravement affecté l'efficacité de l'attaque puisque les Aigles de Carthage n'ont pas réussi lors de leur sept derniers matchs contre des sélections nationales à transpercer les filets de leurs adversaires. Raison pour laquelle l'encadrement technique a fait appel à l'attaquant vedette de l'équipe, Adel Al Sellimi, qui avait déjà refusé de rejoindre l'équipe lors de la dernière CAN pour rester avec son club allemand, Fribourg. La jeune vedette Slim Ben Achour (Martigues, Fra) a aussi été convoquée à la pré-liste des 29 joueurs, dont 23 disputeront le prochain Mondial.

L'encadrement technique ne voit pour autant pas la fin de ses tracas. En effet, le gardien et capitaine de l'équipe, Choukri Al Ouaer, a annoncé qu'il prendrait sa retraite avant la Coupe du monde. Il affirme avoir été blessé de nombreuses fois et ne plus être en mesure de se protéger convenablement. Une perte immense pour les Aigles de Carthage qui ne sont pas prêts de la compenser rapidement. Skander Al Souaeh a par ailleurs été suspendu pour avoir été contrôlé positif à la nandrolone. Il n'ira donc pas, lui non plus, en Coupe du monde, mais sera remplacé par un très bon Al Ghodbane, meilleur joueur en Tunisie durant les deux dernières saisons.

Une situation qui n'est pas idéale pour le directeur technique Ammar Souayeh. Surtout s'il a pour objectif de passer le premier tour, car si la Russie, la Belgique et le Japon ne sont pas les meilleures équipes de la Coupe du monde, elles ont la réputation d'être solides et difficiles à jouer. La Tunisie a encore du pain sur la planche ...

 

Haut de page

Retour au sommaire