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Mission
impossible pour Beya
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Bien que Zoubeir
Beya, talentueux meneur de jeu de Beskitas
(Turquie) et de la sélection tunisienne, ait
présenté un niveau de jeu
plutôt décevant lors de la
dernière CAN (Coupe d'Afrique des Nations),
il est pour la presse et le public tunisiens un
joueur-clé pour la prochaine Coupe du monde.
Les Tunisiens ont visé juste en misant sur
lui. En réalité, personne ne pourrait
objectivement négliger son talent et son
expérience tirés de 4 participations
à la CAN et d'une autre en Coupe du monde,
même s'il a connu à un moment une
certaine baisse de niveau.
Le parcours de Beya est des plus classiques.
Né le 15 mai 1971 à Masaken, un
quartier populaire de Tunis, Zoubeir Beya a vite
été séduit par le plaisir de
jouer. Ses qualités le conduisent
inévitablement au Croissant Sportif de
Masaken. Mais conscient des limites de ce club,
il n'y voit pas de perspectives
particulièrement prospères.
Fin 1991, les dirigeants de lEtoile
Sportive du Sahel (ESS) s'intéressent
à lui. Et c'est au sein de ce grand club que
Zoubeir Beya réussit à inscrire son
nom sur la liste des joueurs vedettes, que ce soit
en Tunisie ou plus largement en Afrique. Durant son
parcours avec l'ESS, qui a duré 6 saisons et
demie, les performances de Beya ont
été excellentes. En 1996-1997, il
décroche le titre de champion de Tunisie
avec l'ESS, brisant ainsi le monopole des deux
géants tunisiens, l'Espérance
et le Club Africain. C'est aussi sous les
couleurs de l'ESS que Beya a intégré
les rangs de la sélection tunisienne. Le 16
décembre 1994, il dispute sa première
sélection contre l'Algérie et depuis
lors, il a conservé sa place en
sélection comme un titulaire incontournable.
La CAN 1996 a témoigné de la
première apparition de Beya sur la
scène africaine. Lors de cette
compétition, il attire l'attention des
observateurs par son style de jeu très
technique et esthétique, ses passes
décisives et sa clairvoyance. Grâce
à cela, il a mené son équipe
en finale avant de perdre 0-2 contre l'Afrique du
Sud, pays hôte.
Sa force de caractère lui a aussi permis de
s'imposer dans le professionnalisme, devenant l'un
des piliers de l'équipe de
Fribourg en championnat d'Allemagne,
en 1997. Un statut jamais obtenu par un joueur
tunisien. Dès sa première saison,
Beya a confirmé son niveau de jeu, en
menant, avec ses coéquipiers,
l'équipe allemande en première ligue
et en l'aidant à s'y maintenir les deux
saisons suivantes pour finir par se qualifier pour
la coupe de l'UEFA en 2000-01, année
où il a aussi été capitaine de
l'équipe. Après cet épisode
allemand, Beya a rejoint le Beskitas, une
des équipes vedettes de Turquie. Il l'a
menée à la 3e place du championnat et
en finale de la Coupe de Turquie.
Après cette excellente saison, Beya
rêve logiquement de réaliser un
exploit en Coupe du monde, c'est-à-dire
réussir à se qualifier au moins pour
le second tour. « C'est un bon groupe
pour nous, on a la possibilité d'accomplir
une belle performance dans ce
Mondial », conclut très
optimiste le meneur de jeu d'une équipe qui
n'a toujours pas trouvé un jeu digne d'un
second tour de Coupe du monde.
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Nom :
Zoubeir Beya.
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Date de
naissance :
15/05/1971.
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Poste :
Milieu.
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Club :
Beskitas.
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Clubs
successifs : Masaken (1985-1991),
Etoile Sportive du Sahel (1991-1997),
Fribourg (All) (1997- 2001), Beskitas
(Tur).
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Sélections :
71 sélections.
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Palmarès :
Finaliste de la CAN 1996, champion de
Tunisie 1996, meilleur joueur tunisien
1996.
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Particularités :
4 participations à la CAN 1996, 98,
2000, 2002.
1 participation à la Coupe du monde
1998.
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Coupe
du monde
. Bénéficiant de la
clémence du tirage au sort qui lui a
désigné le Japon, la Russie et la
Belgique comme adversaires, la Tunisie ne semble
néanmoins pas en mesure de profiter de cette
chance.
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Les Aigles
de Carthage en
difficulté
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Ces dernières années,
la constance aura été la clé du succès
pour la Tunisie qui s'apprête à disputer pour la troisième
fois une phase finale de Coupe du monde. Cela n'est pas étonnant
pour Sellimi, Beya, Kanzari qui évoluent ensemble depuis
1996, date à laquelle ils ont été retenus pour
disputer les Jeux Olympiques (JO) d'Atlanta. Ces joueurs déjà
expérimentés bénéficient en plus désormais
du dynamisme de nouveaux talents tels qu'Ali Zitouni, Zied Al Jaziri
et Hatem Al Trabelsi.
Mais les Aigles de Carthage sont
malgré tout en baisse de régime
depuis quelque temps. Malgré le fait qu'ils
soient une équipe dominante dans leur groupe
qualificatif de la Coupe du monde, les Tunisiens
n'ont pas réussi à séduire
face à des adversaires peu dangereux comme
Madagascar, le Congo la RD Congo et même la
Côte-d'Ivoire. La Coupe d'Afrique des Nations
(CAN) 2002 a été la confirmation du
désordre ambiant que connaissent les
Tunisiens : ils ont été
éliminés de manière humiliante
dès le premier tour après avoir
échoué à inscrire le moindre
but au cours de leurs trois matchs (Zambie 0-0,
Egypte 0-1 et Sénégal 0-0).
Les explications à cette baisse de rendement
sont nombreuses. Les supporters et les
médias affirment que la nonchalance de
certains joueurs est patente depuis que certains
joueurs ont été
transférés vers des clubs hors de
Tunisie. Ce qui a en conséquence
diminué leur enthousiasme de jouer en
sélection. Mais un autre aspect n'est pas
non plus à négliger, à savoir
l'instabilité du staff technique de la
sélection. Alors qu'il avait entamé
les phases de qualification en août 2000,
Francesco Scoglio a été
remplacé au beau milieu de son travail par
l'Allemand Eckhard Krautzen, qui est aussi parti
à l'issue positive des
éliminatoires. Même le
Français Henri Michel, amenant pourtant dans
ses bagages une importante expérience sur le
continent africain, n'a pas tenu plus de 8 mois
avec la sélection puisqu'il a
été limogé après la
déconfiture de l'équipe en CAN 2002,
pour être remplacé par le duo national
Ammar Souayeh et Khémaies
Laâbidi.
Ces derniers seront maintenant en charge
d'accompagner l'équipe en Coupe du monde,
car le temps a manqué aux responsables pour
faire appel à un technicien étranger.
Ils ont maintenu l'ossature de l'équipe
malgré la pression des médias
désireux de donner une chance à de
nouvelles figures. Mais l'avis de l'encadrement
technique est que « les joueurs
retenus ont beaucoup donné à la
Tunisie et qu'il n'y a pas de raisons de les mettre
à l'écart. Ils serviront beaucoup
à la sélection et à leurs
jeunes coéquipiers grâce à leur
expérience dans le Mondial »,
comme l'a déclaré Ammar Souayeh,
excluant ainsi toute possibilité de
modification radicale de la sélection avant
la Coupe du monde.
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Un style
très prudent
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Malgré cette
succession de quatre entraîneurs en
sélection tunisienne, il semble que
l'organisation défensive est le style qui
définisse le mieux le jeu tunisien. Une
défense à cinq organisée
autour du trio de la charnière centrale avec
Hamdi Al Marzouki, en libéro, Khaled Badra
et Riad Al Jaïdi en stoppeurs. En plus de deux
latéraux, Hatem Al Trabelsi (droit) et Raouf
Bouzaiane ou José Clayton (gauche).
Kais Al Ghodbane pivote, lui, en milieu de terrain
pour contrer les attaques adverses laissant les
missions offensives aux talents de Zoubeir Beya,
pièce maîtresses de l'équipe,
et Maher Al Kanzari ou Hassen Al Gabsi qui
apportent leur support à un duo
d'attaquants, Zied Al Jaziri et Adel Sellimi ou Ali
Zitouni, remis d'une blessure.
Cette configuration, très prudente, a
gravement affecté l'efficacité de
l'attaque puisque les Aigles de Carthage
n'ont pas réussi lors de leur sept derniers
matchs contre des sélections nationales
à transpercer les filets de leurs
adversaires. Raison pour laquelle l'encadrement
technique a fait appel à l'attaquant vedette
de l'équipe, Adel Al Sellimi, qui avait
déjà refusé de rejoindre
l'équipe lors de la dernière CAN pour
rester avec son club allemand, Fribourg. La jeune
vedette Slim Ben Achour (Martigues, Fra) a
aussi été convoquée à
la pré-liste des 29 joueurs, dont 23
disputeront le prochain Mondial.
L'encadrement technique ne voit pour autant pas la
fin de ses tracas. En effet, le gardien et
capitaine de l'équipe, Choukri Al Ouaer, a
annoncé qu'il prendrait sa retraite avant la
Coupe du monde. Il affirme avoir été
blessé de nombreuses fois et ne plus
être en mesure de se protéger
convenablement. Une perte immense pour les
Aigles de Carthage qui ne sont pas
prêts de la compenser rapidement. Skander Al
Souaeh a par ailleurs été suspendu
pour avoir été contrôlé
positif à la nandrolone. Il n'ira donc pas,
lui non plus, en Coupe du monde, mais sera
remplacé par un très bon Al Ghodbane,
meilleur joueur en Tunisie durant les deux
dernières saisons.
Une situation qui n'est pas idéale pour le
directeur technique Ammar Souayeh. Surtout s'il a
pour objectif de passer le premier tour, car si la
Russie, la Belgique et le Japon ne sont pas les
meilleures équipes de la Coupe du monde,
elles ont la réputation d'être solides
et difficiles à jouer. La Tunisie a encore
du pain sur la planche ...
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