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La planète foot en 32 couleurs
supplément spécial sur le mondial 2002

Une star en devenir

Les huit buts inscrits en huit matchs par El Hadji Ousseynou Diouf ont permis au Sénégal d'arracher sa première qualification pour la Coupe du monde, et ont fait du joueur de Lens la nouvelle star du football africain.

Son excellente performance internationale, concrétisée par 12 buts en 19 matchs, s'est également retrouvée en club avec Lens, deuxième du Championnat français, où il a marqué 10 buts en 26 rencontres. Un bilan qui lui a valu le titre de joueur africain de l'année après une lutte acharnée avec le Ghanéen Samuel Kuffour. Le jeune attaquant, qui est passé de Rennes à Lens au début de la saison 2000/2001, est un joueur rapide, puissant et qui possède un excellent contrôle de balle. Les supporters sénégalais l'adorent et l'ont surnommé le « Serial Killer » (le tueur en série), mais uniquement en raison de son efficacité devant les buts adverses.

Cela dit, nombre d'observateurs s'accordent à dire que Diouf doit quelque peu travailler pour améliorer son rendement collectif. Au lieu de passer la balle à un coéquipier démarqué, il préfère bien souvent tenter sa chance tout seul.

Plus mûr depuis son arrivée en France, il donne aujourd'hui le meilleur de lui-même tant à l'entraînement qu'en match. Les problèmes de discipline qu'il avait connus au début de sa carrière à Rennes sont désormais résolus et Diouf, à 21 ans, semble avoir changé en bien avec le succès. A ses débuts en championnat français, à l'âge de 17 ans, avec Sochaux, Rennes a déboursé 5,35 millions d'euros (4,69 millions de dollars) pour s'attacher ses services, mais un accident de voiture, en mars 2000, fut l'incident de trop après bon nombre de rappels à l'ordre : Diouf fut alors prêté à Lens. Un transfert devenu définitif en juin 2000. C'est à cette époque qu'il fut également appelé en équipe du Sénégal avec laquelle il s'est qualifié pour la première Coupe du monde de l'histoire du pays, en battant des équipes telles que l'Algérie, le Maroc et l'Egypte. Diouf a également participé au très bon parcours des siens à la Coupe d'Afrique des Nations (CAN) 2002 au Mali, où le Sénégal a atteint la finale du tournoi continental pour la première fois. Si la qualification du Sénégal est considérée comme un grand exploit, pour Diouf le vrai exploit sera la qualification du Sénégal pour le second tour du Mondial. « Pour beaucoup, nous sommes l'équipe la plus faible du groupe, mais c'est faux », annonce-t-il. Il ne ménagera sans doute pas ses efforts pour en fournir la preuve.

Nom : El Hadji Diosuf

Date de naissance : 15/01/1981

Taille : 1,82 m

Poids : 74 kg

Poste : Attaquant

Club : Lens (Fra)

Clubs successifs : Sochaux, Rennes, Lens

Palmarès : Finaliste de la CAN 2002
Deuxième du Championnat français avec Lens en 2002

Particularités : Meilleur joueur africain 2001.

 

Coupe du monde de football . Pour sa première participation au Mondial, le Sénégal jouera en match d'ouverture contre la France. Un début qui risque d'être difficile et où les Lions devront faire leur preuve.

Les Sénégalais à la recherche
de l'exploit

Si le 31 mai, date du coup d'envoi de la Coupe du monde, sera un jour spécial dans le monde du football,il sera historique pour le Sénégal, qui jouera contre la France, championne du monde et d'Europe, lors du match d'ouverture. Une lourde mission pour les Lions sénégalais qui participent pour la première fois de leur histoire au Mondial.

Ce n'était pas le fait de la chance de les retrouver dans l'élite de cette discipline, si on considère qu'ils figuraient dans le groupe le plus ardu des qualification avec l'Egypte, le Maroc, l'Algérie et la Namibie. On s'attendait alors à un duel haut en couleur entre le Maroc et l'Egypte, mais voilà que le Sénégal les double tous et décroche son ticket. Cette qualification aura été un signe indicatif de l'émergence d'une nouvelle puissance dans le continent noir. Quelques mois plus tard, ce pays de l'ouest africain confirme sa puissance en Coupe d'Afrique des Nations (CAN) 2002. Les Sénégalais y défilent jusqu'en finale en s'imposant face au géant nigérian en demi-finale 2-1 avant de s'incliner de justesse face au Cameroun en finale à l'issue des tirs au but.

Cet exploit a été couronné par la Confédération Africaine de Football (CAF), qui a attribué au Sénégal ses plus grands prix : les Lions ont été désignés meilleure formation du continent, le jeune attaquant de la sélection El Hadj Diouf a été sacré meilleur joueur, et le directeur technique, Bruno Metsu, désigné meilleur entraîneur du continent. Ce qui a incité les observateurs à qualifier l'année 2001 année du Sénégal, pays qui ne comptait jusque-là qu'une place en demi-finale de la CAN 1990.
Le sélectionneur français Bruno Metsu a bâti sa formation sur la charpente construite en 2000 par le vieil entraîneur allemand Peter Schnittger.

Depuis, l'équipe s'est soudée et organisée avec un effectif pléthorique dont la quasi-totalité évolue en Europe, excepté les deux gardiens remplaçants Oumar Diallo (Khourigba/Mar) et Kalidou Cissokho (Jeanne d'Arc/Sén).

Mis à part Pape Thiaw, qui évolue à Lausanne (Suisse), les autres talents sont tous basés en France. Une grande partie vient de Lens, qui compte à lui seul quatre joueurs, ce qui lui vaut le surnom de « Sénégal bis ». L'emblématique El Hadj Diouf, Ferdinand Coly, Pape Sarr et Pape Bouba Diop ont mené cette équipe jusqu'au bout du championnat avant de perdre le titre contre Lyon en dernière journée. Le n°10 Khalilou Fadiga s'est quant à lui distingué avec Auxerre en milieu de terrain alors que le rapide attaquant Henri Camara, et le milieu Salif Diao font des ravages avec Sedan. D'ailleurs, ce dernier est convoité par le grand club de Liverpool pour débarquer en Angleterre la saison prochaine.

Malgré cela, le Sénégal a eu des difficultés à trouver des adversaires pour sa préparation à la Coupe du monde. « Personne ne veut jouer contre le Sénégal, parce qu'on est une petite nation de football. Pour l'instant, on n'intéresse personne. Les grandes équipes ne veulent pas jouer contre nous », a déclaré Metsu. Il semble donc que les grandes nations n'aient pas été impressionnées par les performances des Lions. Ceci s'est reflété avec leur préparation, qui n'a compris jusqu'à présent que deux matchs de préparation contre l'Arabie saoudite 2-3, et la Bolivie 2-1 outre une autre rencontre prévue contre l'Equateur le jeudi 23 mai juste avant d'entamer le Mondial.

C'est une préparation qui ne convient pas aux ambitions du public sénégalais. Metsu est néanmoins confiant et estime faire bonne figure lors de cette compétition, malgré les évaluations diverses qui classent le Sénégal comme l'équipe la plus faible du groupe comprenant la France, l'Uruguay et le Danemark. Mais qui sait, les Lions sénégalais surprendront peut-être les champions du monde comme l'avaient fait leurs homologues camerounais en 1990 en dominant 1-0 l'Argentine, tenante du titre, en match d'ouverture.

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