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La planète foot en 32 couleurs
supplément spécial sur le mondial 2002

Okocha capitaine et magicien

Après la décevante 3e place des Super Eagles lors de la dernière CAN 2002, le nouveau directeur technique de la sélection nigérienne a commencé à restructurer la sélection. Il lui fallait un joueur talentueux, discipliné et patriotique pour mener son équipe lors de la prochaine Coupe du monde. Sur ces critères, aucun joueur nigérian ne peut faire mieux que le talentueux milieu de terrain de Paris Saint-Germain (Fra), Augustine Okocha.

Le foot nigérian souffre d'un manque de patriotisme de la part des joueurs qui s'intéressent plus à l'argent qu'aux performances de leur équipe nationale. Les stars du Nigeria ont même menacé de boycotter la sélection à cause des problèmes financiers avec la fédération. Ce qui n'a pas été le comportement d'Okocha, malgré les pressions de ses coéquipiers. « J'apprécie énormément le comportement d'Okocha qui a soutenu la sélection dans ce moment critique avant la Coupe du monde. C'est le comportement d'un grand joueur », avait déclaré Taiwo Ogunjobi, secrétaire général de la Fédération nigériane.

Sur le plan technique, personne ne peut nier les facultés de Jay-Jay Okocha. C'est aussi un meneur de jeu au sens propre du terme, et un virtuose du ballon rond. En un mot : un battant. Bien qu'il n'ait pas fait la preuve d'une excellente performance avec le Paris Saint-Germain cette saison, il conserve son statut de pion essentiel de l'équipe française. Luis Fernandez, le directeur technique du PSG, compte bien renouveler le contrat d'Okocha qui expire à la fin de saison après 4 ans passés avec l'équipe. « Tout le monde l'apprécie au sein de l'équipe. Nous tenons à ce qu'il reste », a affirmé Fernandez.

La carrière d'Okocha a emprunté la voie du succès en juillet 1993. Le Nigeria, ayant perdu son premier match contre la Côte-d'Ivoire en éliminatoires du Mondial 1994, prépare une rencontre capitale contre les Fennecs d'Algérie à Lagos. La presse nationale réclame haut et fort la titularisation d'un gamin de 19 ans que l'entraîneur néerlandais Clemens Westerhof néglige jusque-là. Il manque un véritable meneur de jeu et la solution, selon la majorité de la presse nigériane, passe par Okocha, sociétaire de l'Eintracht Francfort, en Allemagne, que Westerhof juge « trop jeune et inexpérimenté ». Ce dernier convoque Okocha, une semaine avant cette rencontre, après l'intervention du président de la fédération. Et c'est dans un stade de Surulere plein à craquer que le joueur, maillot frappé du numéro 10 légendaire, fait son entrée. Okocha tire une balle bien cadrée qui trompe le portier algérien et marque le premier but. Le public exulte et lorsqu'il offre deux passes décisives à Rashidi Yekini, nul ne doute qu'une star vient de naître. Ce match restera toujours dans la mémoire du joueur : « Je n'oublierai jamais ce jour, car la pression était énorme. J'étais crispé au début, mais le but m'a complètement libéré ».

Quelques mois plus tard, en Tunisie, lors de la 19e Coupe d'Afrique des Nations, remportée par le Nigeria, l'Afrique a eu le plaisir de découvrir l'artiste. Ses dribbles, ses feintes de corps, ses passes, son style unique et sa créativité séduisent les amateurs de football du continent.

Une saison après son excellente performance lors du Mondial de 1994 où le Nigeria a été éliminé des 8es de finale, Okocha est transféré pour quelque 2 millions d'euros au club turc de Fenerbahce. C'est une période dorée de la carrière d'Okocha. Il conquiert le titre de champion dès sa première saison. De même, il a remporté la médaille d'or lors des J.O. d'Atlanta 1996. Un an après, c'est le PSG qui en fait les frais, puisqu'il doit débourser la bagatelle de 15 millions d'euros pour s'assurer ses services à l'été 1998.

Si Okocha n'avait fait que des apparitions sporadiques lors du Mondial 1998 (éliminé des 8es de finale), il sera une des figures de proue de l'équipe du Nigeria au prochain Mondial en Corée et au Japon.

Nom : Augustine Okocha

Age : 28 ans

Taille : 1,75 m pour 70 kg

Poste : Milieu

Club : Paris Saint-Germain (Fra)

Clubs successifs : Fenerbahce
(Tur), Eintracht de Francfort (All)

Palmarès : Médaillé d'or des Jeux Olympiques d'Atlanta 1996

CAN 1994
Finaliste de la CAN (2000)
3e de la CAN (2002)
Eliminé des 8es de finale de la Coupe du monde 1994 et 1998.

 

Coupe du monde 2002 . Les Super Eagles Nigérians cherchent à se remettre sur pied pour la Coupe du monde, après avoir passé deux années très insatisfaisantes. Le match amical contre le Kenya, samedi 4 mai, sera l'occasion de confirmer ce nouveau départ.
Les Super Eagles rêvent d'une nouvelle envolée

Le Nigeria, pays le plus peuplé d'Afrique, possède un réservoir de talents éparpillés dans le monde entier. Plus de 200 joueurs évoluent en Europe, en Asie ou aux Amériques. Un énorme potentiel sur lequel la sélection nigériane peut compter pour porter les grands espoirs africains lors du prochain Mondial. Dans cette équipe, des joueurs comme Sunday Oliseh (Dortmund, All), Célestine Babayaro (Chelsea, Ang), Finidi George (Ipswich, Ang) et Wilson Oruma (Servette, Suisse) ont tous leurs billets d'entrée. Ajoutez à ce mélange la virtuosité du milieu, Augustine « Jay Jay » Okocha (PSG, France), l'emblématique Nwankwo Kanu (Arsenal, Ang) et l'efficacité des buteurs Victor Agali (Schalke 04, All) et Julius Aghahowa et vous aurez une équipe qui a tous les atouts pour atteindre de nouveaux sommets.

Les Super Eagles sont depuis longtemps considérés comme le plus sûr espoir de l'Afrique après leur succès en Coupe du monde 1994 où ils ont réussi à franchir le premier tour avant de se faire éliminer de justesse par l'Italie 1-2. Mais ce géant du continent noir semble en pleine bousculade et a du mal à retrouver l'équilibre depuis la finale de la Coupe d'Afrique des Nations (CAN) 2000 perdue, injustement, par des tirs aux buts en faveur du Cameroun. Ce pays de l'ouest de l'Afrique a difficilement décroché sa troisième participation à la Coupe du monde. Survolés durant toute les qualifications par les Libériens de George Weah, les Super Eagles ont, à la dernière minute, arraché leur ticket grâce à la victoire du voisin ghanéen sur le Liberia. Même la CAN 2002 n'était pas un succès pour cette génération qui a suivi la finale entre le Sénégal, nouvelle force en présence qui les a éliminés en demi-finales et le Cameroun, l'actuel espoir de l'Afrique, depuis les tribunes.

C'est l'histoire d'un vrai succès qui s'est transformé en désastre. Les joueurs nigérians ont été accusés de ne pas être à la hauteur des couleurs du drapeau et de ne pas avoir montré leurs muscles. Comme d'habitude, l'argent avait son mot a dire. Les joueurs avaient déjà boycotté les entraînements et même causé l'annulation d'un match amical contre l'Egypte avant la CAN à cause de leurs primes. La sélection des Super Eagles est d'ailelurs devenue un exemple d'indiscipline lors de la CAN 2002. « Je n'arrive pas à comprendre pourquoi notre équipe nationale se comporte comme ça. Nous jouons tous en Europe et nous n'avons jamais de problèmes avec nos clubs. Alors pourquoi cela ne concerne-t-il que l'équipe nationale ? Je pense qu'il est du devoir du sélectionneur de s'impliquer et de corriger les erreurs des joueurs », a ajouté le meneur de jeu nigérian, Jay Jay Okocha.


Un nouveau commencement

Des dires qui ont été retenus par les responsables de la Fédération Nigériane de Football (FNF) qui ont limogé le directeur technique national, Amodu Shaibu, tenu responsable de l'échec de la CAN. Adegboye Onigbinde a été appelé aux commandes avec une mission précise, donner un nouveau départ à l'équipe. Ce dernier a commencé par des mesures strictes. La mise à l'écart du solide défenseur et capitaine de l'équipe, Sunday Oliseh, a été vivement critiquée par le public. « Nous voulons assister à un nouveau départ et nous voulons voir une équipe qui fait preuve de cohésion, de discipline, de maturité et de dévouement. Je veux plus d'engagement », avait répondu le directeur technique.

La fédération a fait appel aux stars de l'équipe, Okocha et Kanu, afin de mener le groupe dans cette restauration. « Leurs réactions ont été splendides et nous leur devons beaucoup », a déclaré le secrétaire général de la FNF, Taiwo Ogunjobi. Okocha a été récompensé en étant nommé capitaine de l'équipe à la place de Sunday Oliseh, écarté par le sélectionneur.

La motivation est vite apparue avec le nul contre le Paraguay (1-1) et la victoire contre l'Ecosse à Aberdeen (1-2) où la presse n'a pas tari d'éloges sur la performance d'Okocha et Kanu.

La question qui inquiète les spectateurs nigérians est celle de savoir si le Nigeria pourra défendre sa réputation lors de la prochaine Coupe du monde. « La sélection est mal préparée au Mondial, nous n'avons pas eu assez de temps mais nous devons faire au mieux. A ce niveau, c'est assez frustrant », a confirmé le talentueux Kanu. En effet, les Nigérians n'ont disputé que deux matchs préparatoires jusqu'à présent. Les Super Eagles vont disputer 4 autres rencontres face au Kenya (4 mai), à la Chine (11 mai), l'Irlande (16 mai) et la Jamaïque (18 mai). Mais certains atouts d'Onigbinde manqueront. A part Taribo West (Kaiserslautern, All) et Sunday, Finidi George (Ipswich/Ang), Nwankwo Kanu et Célestine Babayaro (Chelsea/Ang) seront absents en raison de leurs engagements avec leurs clubs.

Ces xxxpourraient ne pas être suffisantes pour affronter des poids lourds tels que l'Argentine, l'Angleterre et la Suède au premier tour du groupe F.

 

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