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La planète foot en 32 couleurs
supplément spécial sur le mondial 2002

 

Coupe du monde. Le Sénégal est entré dans l'histoire en battant les champions du monde en titre dans le match d’ouverture. Mais ils doivent encore gagner un des deux matchs contre le Danemark, ce jeudi, ou L’Uruguay, mardi.
Les Lions ne sont pas des Bleus !

Le 31 mai demeurera pour toujours dans la mémoire du peuple sénégalais. Le Sénégal, junior africain qui dispute son premier mondial, jouait en match d’ouverture contre la France championne du monde (1998), d’Europe (2000) et des confédérations (2001). Les jeunes Lions sénégalais ont surpris le monde entier en bousculant la France, grand favoris du titre. Un unique but de la part de Pape Boupa Diop a suffi pour donner toute la gloire aux Africains. Hommage doit être rendu au jeune prodige, El Hadji Diouf (21 ans), meilleur joueur de la rencontre, qui a fait preuve d'un grand talent en perturbant la défense française durant les 90 minutes du match. Son rôle de meneur de l'attaque a souvent baissé la pression sur sa défense.
Il ne faut pas non plus négliger l’excellente vision du technicien français Bruno Metsu qui ne s’est pas fait des illusions sur la capacité de ses joueurs contre les champions du monde. Mestsu a préféré une technique plus prudente, laissant de côté sa traditionnelle 4-4-2, et jouant avec un 4-5-1 pour renforcer son organisation défensive laissant Diouf seul en attaque. Les cinq du milieu, P. B. Diop, M. N’Diaye, Kh. Fadiga, S. Diao, P.M. Diop ont fourni le meilleur soutien aux quatre de la défense Coly, Cissé, Diatta et Daf. Derrière eux le grand gardien Tony Sylva a bien gardé ses cages en sauvant ses buts à plusieurs reprises. « Les Sénégalais avaient un quinquennal milieu très organisé. Bien que j’aie joué avec quatre attaquants en fin du match (Trezeguet, Henry, Dugarry et Cisse), mes joueurs n’ont pas réussi à le transpercer. Tout de même il fallait passer par neuf joueurs avant de voir les buts », a déclaré Roger Lemerre, directeur technique de la sélection française. L'absence du majestueux meneur Zinedine Zidane, blessé quatre jours avant le mondial, s'est gravement fait sentir dans les rangs des Bleus. Youri Djorkaeff (Bolton, Ang) n’a pas su combler ce grand vide. Les dribbles et passes millimètres de Zizou manquaient face à une défense bien organisée.
Mais tout n’est pas encore gagné pour les Sénégalais. C'est vrai qu'ils ont réussi à inscrire leur nom dans l’histoire comme étant la troisième équipe à décevoir un champion du monde dans un match d’ouverture (la Belgique a battu l'Argentine en 1982 et le Cameroun a battu l'Argentine en 1990), mais ceci ne veut pas dire que leur qualification est gagnée. « On a franchi une étape importante. Mais il reste deux cols importants à franchir. On va penser a récupérer. Il faut garder ce niveau contre le Danemark et l’Uruguay. Ce match ne servira à rien si les résultats ne suivent pas », confirme Metsu. Les Sénégalais ont encore deux matchs très difficiles à disputer. Le jeudi 6 juin, ils affronteront le Danemark, et le 11 l’Uruguay, dans la dernière rencontre de poules. Ces deux équipes seront très méfiantes à l'égard des Africains après avoir été témoins de la surprise du match d’ouverture. Les Sénégalais sont maîtres de leurs sort et ont la meilleure chance de qualifications parmi les quatre équipes de ce groupe. Ils possèdent une chère victoire, que ses concurrents, Uruguay et Danemark, ne pourront obtenir facilement vu que les Bleus sont dans l’obligation de gagner à présent. La prochaine rencontre contre le Danemark, le 6 juin, risque d'être capitale pour les deux équipes. Toutes deux sont à égalité de points (3 points) mais une différence de but favorise le Danemark. La victoire lors du prochain match confirmera le premier billet de ce groupe vers le second tour. Les Danois de Jon Dahl Tomasson (ex-Feyenoord, Pays-Bas transfère à AC Milan, Ita) s'imposent comme un sérieux rival pour l’un des deux billets qualificatifs de ce groupe A. Merci au doublet de Tomasson contre l’Uruguay d'Alvaro Recoba (Inter Milan, Ita) 2-1, dimanche dernier, qui a mis son équipe en tête du groupe. Ils essayeront d’assurer leurs qualifications contre le Sénégal afin de ne pas se trouver dans l’impasse lors de leur dernier match contre la France.


La confiance des Sénégalais

Ce n’est pas le cas des Sénégalais qui seront plus calmes vu que leur match suivant sera contre l’Uruguay. Plus calmes et peut-être aussi plus féroces. Les Lions ont acquis beaucoup de confiance après leur victoire en match d’ouverture. « Nous avons fait un grand match contre la France et je pense que tout le monde sait à présent qu’on n’est pas en voyage », a ainsi déclaré le latéral droit Ferdinand Coly (Lens, Fra).
Il y a de grandes chances que Bruno Metsu revienne au classique 4-4-2 lors du match du Danemark pour avoir plus de tendance offensive dans le jeu. En effet, avec le rapide Camara, le Sénégal bénéficie d'une paire d’attaquants redoutable pour la défense danoise menée par Thomas Helveg (AC Milan, Ita). Ceci sans prendre trop de risques en défense vu que le milieu Thomas Gravesen (Everton, Ang) et ses coéquipiers seront affrontés à un jeu puissant et très physique jusqu'à en couper le souffle. Les Français peuvent en témoigner. Mais il faudrait que Metsu fasse attention afin de ne pas trop se laisser aller dans la saveur de la victoire contre la France, sinon il risque de tout perdre. En tout cas, il a deux chances, l’une le 6 et l’autre le 11 juin. Et il faudra au moins en saisir une.

Karim Farouk

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