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Al-Ahram
Hebdo : Vous êtes en route
pour un deuxième Mondial consécutif,
quelles ont été les
préparations des arbitres du
Mondial ?

Gamal Al-Ghandour : Nous sommes 36
arbitres de diverses nationalités choisis
avec soin par la FIFA. Nous avons suivi un
programme de préparation mis en place par le
Comité international des arbitres en
Corée du Sud du 19 au 23 mars dernier.
Après avoir effectué le test de
Cooper (???), nous avons suivi des
cours ... La motivation des arbitres est
très bonne. Chacun fera de son mieux pour
que l'arbitrage de cette édition de Coupe du
monde soit parfait.
Justement,
quels ont été les points sur lesquels
le comité international a demandé aux
arbitres d'insister ?
Le
comité international désire comme
toujours que nous soyons précis, proches du
jeu, et que nous prenions des décisions
rapides. Il a insisté comme lors du dernier
Mondial pour que nous punissions les joueurs qui
taclent de l'arrière. La nouveauté en
cette Coupe du monde est que le joueur
blessé qui sort du terrain pour se soigner
ne peut revenir avant la reprise du jeu. Si le
jeu est arrêté il n'aura pas le
droit de rentrer. Nous
punirons aussi désormais le joueur qui
demande à l'arbitre de donner un
avertissement à son adversaire. Enfin il
nous a été demandé
d'être très stricts avec les joueurs
qui simulent. Ils seront punis sans tenir compte de
leur emplacement sur le terrain.
Que
représente pour vous le fait d'arbitrer une
deuxième Coupe du monde ?
Cela
confirme une chose : j'ai réussi ma
mission la première fois. C'est un honneur
pour moi. La seule chose qui m'attriste est que
l'Egypte ne se soit pas qualifiée.
Mais,
si l'Egypte s'était qualifiée vous
auriez été privé de
Mondial
Pas forcément. Il existe 8
groupes au Mondial. Le comité d'arbitrage
m'aurait simplement éloigné des
matchs du groupe où se serait trouvée
l'Egypte comme il le fait avec les arbitres dont
les sélections nationales se sont
qualifiées pour la Coupe du monde.
En
marge de l'arbitrage, que pensez-vous de
l'organisation de cette Coupe du monde ?
D'après
ce que j'ai vu de la Corée lors de ma
visite, je pense que cela sera un grand Mondial.
Les préparations sont très
sérieuses. Je crois que celles du Japon le
sont tout aussi. La première Coupe du monde
du nouveau millénaire sera
éblouissante.
Quels
sont vos pronostics ?
Les
chances de la France, de l'Argentine et de
l'Angleterre seront très grandes. Ce sont
dans l'ordre les trois plus fortes
sélections du monde à ce jour. Mais
cela ne veut pas dire qu'une de ces trois
équipes remportera la Coupe du monde. On
peut s'attendre à des surprises avec le
Brésil, le Cameroun ou le Japon.
Le Brésil est-il pour vous un
des grands favoris ?
Je
dois être objectif, bien que j'aime beaucoup
le Brésil. Cette équipe n'est pas au
meilleur de sa forme et ne fait pas partie des
meilleures mondiales.
J'ai arbitré beaucoup de matchs avec le
Brésil : Coupe du monde des jeunes
à Qatar 1995, avec la
génération de Ronaldo, Roberto
Carlos, Rivaldo
Aux Jeux
Olympiques 1996, le match de classement contre le
Portugal. En France, j'ai arbitré deux de
leurs matchs et j'ai aussi été
arbitre assistant lors du match d'ouverture. Les
joueurs me connaissent très bien et sont
devenus mes amis. Avant le premier match que j'ai
arbitré, Roberto Carlos est venu me saluer,
m'a dit qu'il se rappelait bien de moi et m'a
souhaité un bon match.
Et dans le domaine de l'arbitrage,
avez-vous des amis ?
Oui,
plusieurs. Mais le plus proche est l'Italien
Pierlugi Coline. On se rencontre de temps en temps,
comme à Doha il y a quelques jours.
Que
vous inspire le fait d'avoir été
désigné quatrième meilleur
arbitre au monde le mois
passé ... ?
Ce choix
est celui d'un site Internet non officiel. Je ne
m'y fie donc pas. Quels ont été les
critères retenus ? Je n'en sais rien.
Je viens justement de discuter avec Coline de ce
sujet. Il n'existe pas de site officiel de
classement des arbitres.
Qu'est-ce
que la Coupe du monde de 1998 vous a
apporté ?
Je ne
dirais pas que la participation à la Coupe
du monde a amélioré mon niveau parce
qu'en seulement trois matchs c'est difficile. Mais
la Coupe du monde m'a apporté une importante
confiance en moi-même.
Après
avoir été présent au Mondial
1998 et avant d'aller à celui de 2002, que
représente pour vous une participation en
Coupe du monde ?
C'est un rêve magnifique. En
1998, j'ai vécu 40 jours exceptionnels. Je
suis très heureux de pouvoir revivre
cela.
Que
représente, pour l'arbitrage
égyptien, votre participation en Coupe du
monde ?
Le fait qu'un Egyptien soit en
Coupe du monde pour la deuxième fois
consécutive est le début d'une
nouvelle ère puisqu'ils en ont
été absents pendant 24 ans.
Est-il
difficile d'arbitrer des matchs du
Mondial ?
Le
fait d'arbitrer un match du Mondial est une grande
responsabilité. Mais cela est plus facile
pour moi que d'arbitrer un match de championnat
national. Le
fait d'arbitrer un match de Mondial entre deux pays
de deux continents différents,
regardé par des millions de personnes met
l'arbitre dans un tel état qu'il est plus
prompt à commettre des fautes. Si cela
arrive, il ne sera pas pardonné ni lui, ni
son pays, ni son continent, ce qui aura une
mauvaise influence sur le comité des
arbitres de son continent. Je me suis mis tout cela
en tête en arbitrant mes matchs. Je l'ai pris
avec une sorte de défi et j'ai
réussi. J'ai obtenu 9 sur 10 au match
Chili-Autriche, soit la meilleure note
accordée au premier tour à un arbitre
par le comité d'arbitrage de la FIFA.
Que pensez-vous du niveau de
l'arbitrage égyptien aujourd'hui ?
Tout ce que je peux dire c'est que
lorsqu'un arbitre comme Réda Al-Beltagui est
blessé lors d'un match par une pierre
lancée et que le match est rejoué
sans sanctions sévères, alors le
rôle de l'arbitre doit être revu.
Après cet incident, les arbitres ont perdu
en respect et redoutent les supporters. Pour moi la
fédération égyptienne doit
réagir fermement mais cela ne semble pas
être l'une de ses
priorités.
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