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La planète foot en 32 couleurs
supplément spécial sur le mondial 2002

Ses grandes dates


Gamal Al-Ghandour
Né en 12/06/1957
Matchs internationaux arbitrés : 89.
Premier match arbitré en 1980.
Premier match arbitré en D1 en 1989.
Premier match international arbitré : Algérie-Sénégal 1-1, mars 1993 (éliminatoires de la Coupe du monde).

Principaux tournois
Coupe du monde 1998 (dont Brésil-Danemark en quarts de finale).
Jeux Olympiques 1996 (homme et femme dont le match de classement Brésil- Portugal.
Coupe d'Europe 2000.
Coupe d'Afrique des nations 1996 (dont la demi-finale Ghana-Afrique du Sud), 1998, 2000, (dont la finale Cameroun-Sénégal).
Coupe des confédérations 2001 (dont la demi-finale Brésil-France).
Coupe d'Asie des nations 2000.

Particularités
Seul Egyptien à avoir arbitré deux Coupes du monde.
Seul arbitre non-européen à avoir officié en Coupe d'Europe des nations.
Seul arbitre du monde à avoir officié dans 3 compétitions continentales différentes (CAN, Euro, Coupe d'Asie des nations).

 

Coupe du monde . Gamal Al-Ghandour arbitrera sa deuxième Coupe du monde consécutive. Un exploit pour l'arbitrage égyptien.
« C'est un honneur pour moi »

Al-Ahram Hebdo : Vous êtes en route pour un deuxième Mondial consécutif, quelles ont été les préparations des arbitres du Mondial ?

Gamal Al-Ghandour : Nous sommes 36 arbitres de diverses nationalités choisis avec soin par la FIFA. Nous avons suivi un programme de préparation mis en place par le Comité international des arbitres en Corée du Sud du 19 au 23 mars dernier. Après avoir effectué le test de Cooper (???), nous avons suivi des cours ... La motivation des arbitres est très bonne. Chacun fera de son mieux pour que l'arbitrage de cette édition de Coupe du monde soit parfait.

— Justement, quels ont été les points sur lesquels le comité international a demandé aux arbitres d'insister ?

— Le comité international désire comme toujours que nous soyons précis, proches du jeu, et que nous prenions des décisions rapides. Il a insisté comme lors du dernier Mondial pour que nous punissions les joueurs qui taclent de l'arrière. La nouveauté en cette Coupe du monde est que le joueur blessé qui sort du terrain pour se soigner ne peut revenir avant la reprise du jeu. Si le jeu est arrêté il n'aura pas le droit de rentrer. Nous punirons aussi désormais le joueur qui demande à l'arbitre de donner un avertissement à son adversaire. Enfin il nous a été demandé d'être très stricts avec les joueurs qui simulent. Ils seront punis sans tenir compte de leur emplacement sur le terrain.

— Que représente pour vous le fait d'arbitrer une deuxième Coupe du monde ?

— Cela confirme une chose : j'ai réussi ma mission la première fois. C'est un honneur pour moi. La seule chose qui m'attriste est que l'Egypte ne se soit pas qualifiée.

— Mais, si l'Egypte s'était qualifiée vous auriez été privé de Mondial …

— Pas forcément. Il existe 8 groupes au Mondial. Le comité d'arbitrage m'aurait simplement éloigné des matchs du groupe où se serait trouvée l'Egypte comme il le fait avec les arbitres dont les sélections nationales se sont qualifiées pour la Coupe du monde.

— En marge de l'arbitrage, que pensez-vous de l'organisation de cette Coupe du monde ?

— D'après ce que j'ai vu de la Corée lors de ma visite, je pense que cela sera un grand Mondial. Les préparations sont très sérieuses. Je crois que celles du Japon le sont tout aussi. La première Coupe du monde du nouveau millénaire sera éblouissante.

— Quels sont vos pronostics ?

— Les chances de la France, de l'Argentine et de l'Angleterre seront très grandes. Ce sont dans l'ordre les trois plus fortes sélections du monde à ce jour. Mais cela ne veut pas dire qu'une de ces trois équipes remportera la Coupe du monde. On peut s'attendre à des surprises avec le Brésil, le Cameroun ou le Japon.
 Le Brésil est-il pour vous un des grands favoris ?

— Je dois être objectif, bien que j'aime beaucoup le Brésil. Cette équipe n'est pas au meilleur de sa forme et ne fait pas partie des meilleures mondiales. J'ai arbitré beaucoup de matchs avec le Brésil : Coupe du monde des jeunes à Qatar 1995, avec la génération de Ronaldo, Roberto Carlos, Rivaldo … Aux Jeux Olympiques 1996, le match de classement contre le Portugal. En France, j'ai arbitré deux de leurs matchs et j'ai aussi été arbitre assistant lors du match d'ouverture. Les joueurs me connaissent très bien et sont devenus mes amis. Avant le premier match que j'ai arbitré, Roberto Carlos est venu me saluer, m'a dit qu'il se rappelait bien de moi et m'a souhaité un bon match.
 Et dans le domaine de l'arbitrage, avez-vous des amis ?

— Oui, plusieurs. Mais le plus proche est l'Italien Pierlugi Coline. On se rencontre de temps en temps, comme à Doha il y a quelques jours.

— Que vous inspire le fait d'avoir été désigné quatrième meilleur arbitre au monde le mois passé ... ?

— Ce choix est celui d'un site Internet non officiel. Je ne m'y fie donc pas. Quels ont été les critères retenus ? Je n'en sais rien. Je viens justement de discuter avec Coline de ce sujet. Il n'existe pas de site officiel de classement des arbitres.

— Qu'est-ce que la Coupe du monde de 1998 vous a apporté ?

— Je ne dirais pas que la participation à la Coupe du monde a amélioré mon niveau parce qu'en seulement trois matchs c'est difficile. Mais la Coupe du monde m'a apporté une importante confiance en moi-même.

— Après avoir été présent au Mondial 1998 et avant d'aller à celui de 2002, que représente pour vous une participation en Coupe du monde ?

 C'est un rêve magnifique. En 1998, j'ai vécu 40 jours exceptionnels. Je suis très heureux de pouvoir revivre cela.

— Que représente, pour l'arbitrage égyptien, votre participation en Coupe du monde ?

— Le fait qu'un Egyptien soit en Coupe du monde pour la deuxième fois consécutive est le début d'une nouvelle ère puisqu'ils en ont été absents pendant 24 ans.

— Est-il difficile d'arbitrer des matchs du Mondial ?

— 
Le fait d'arbitrer un match du Mondial est une grande responsabilité. Mais cela est plus facile pour moi que d'arbitrer un match de championnat national. Le fait d'arbitrer un match de Mondial entre deux pays de deux continents différents, regardé par des millions de personnes met l'arbitre dans un tel état qu'il est plus prompt à commettre des fautes. Si cela arrive, il ne sera pas pardonné ni lui, ni son pays, ni son continent, ce qui aura une mauvaise influence sur le comité des arbitres de son continent. Je me suis mis tout cela en tête en arbitrant mes matchs. Je l'ai pris avec une sorte de défi et j'ai réussi. J'ai obtenu 9 sur 10 au match Chili-Autriche, soit la meilleure note accordée au premier tour à un arbitre par le comité d'arbitrage de la FIFA.

— Que pensez-vous du niveau de l'arbitrage égyptien aujourd'hui ?

— Tout ce que je peux dire c'est que lorsqu'un arbitre comme Réda Al-Beltagui est blessé lors d'un match par une pierre lancée et que le match est rejoué sans sanctions sévères, alors le rôle de l'arbitre doit être revu. Après cet incident, les arbitres ont perdu en respect et redoutent les supporters. Pour moi la fédération égyptienne doit réagir fermement mais cela ne semble pas être l'une de ses priorités.

Propos recueillis par Amr Moheb

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