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La planète foot en 32 couleurs
supplément spécial sur le mondial 2002

Les sept victoires brésiliennes

Brésil-Turquie 2-1
Débuts difficiles pour le Brésil. L'attaquant turc surprend la Seleçao en avantageant son équipe dès la première période. Mais deux minutes après le coup d'envoi de la seconde mi-temps, Ronaldo égalise avant que Rivaldo ne marque le but de la victoire par un penalty controversé.

Brésil-Chine 4-0
La sélection jaune et vert s'impose facilement (4-0) face aux Chinois. Roberto Carlos ouvre la marque en expédiant dans les filets un superbe coup franc que le gardien chinois ne voit même pas passer. Ronaldo, Rivaldo et Ronaldinho, sur penalty, inscrivent ensuite à leur nom sur la feuille de match.

Brésil-Costa Rica 5-2
Qualifié avant le début de la rencontre, le Brésil n'a pas failli à sa réputation et a fait la différence face au Costa Rica. Ce qui a aussi permis aux Turcs d'accéder au second tour. Un but a été accordé à Ronaldo, mais marqué en réalité par un défenseur costaricain. Il a ainsi inscrit marqué deux buts dans ce match en plus de Rivaldo, Edmilson et du remplaçant de Roberto Carlos, Junior. Roland Gomez et Paul Wanchope ont été les auteurs des buts du Costa Rica.

Brésil-Belgique 2-0 (1/8es)
Le Brésil frôle la catastrophe contre une vaillante équipe de Belgique, qui ouvre le score en première mi-temps grâce à Marc Wilmots. Mais le but est refusé pour une obscure raison. Rivaldo par un coup de génie redresse ensuite la barre et avant que Ronaldo ne double le score et place son équipe parmi les quarts de finalistes.

Brésil-Angleterre 2-1 (1/4 de finale)
Une fois de plus, les Brésiliens sont en position critique suite à une erreur de Luccio dont le prodige anglais Michael Owen tire profit immédiatement ( 0-1). Mais Ronaldinho entame une course, esquivant quelques défenseurs, avant de donner la balle à Rivaldo qui la loge dans les filets adverses. Puis arrive le but le coup franc de Ronaldinho, tiré de plus de 30 mètres, qui lobe l'infortuné David Seaman en position trop avancée. Cela avant qu'un carton rouge laisse ses coéquipiers exposer leurs talents à 10 contre 11 Anglais.

Brésil-Turquie 1-0 (1/2 finale)
Pendant 49 minutes les Brésiliens ont dû attendre que le « phénomène » inscrive d'un « pointu » croisé en début de seconde mi-temps son sixième but du tournoi — le but de la victoire 1-0 qui permet au Brésil de se qualifier en finale pour la troisième fois consécutive et d'affronter en finale l'Allemagne pour la première fois.

Brésil-Allemagne 2-0 (finale)
Il incombe à Ronaldo une fois de plus de faire la différence. Il réussit à transpercer à deux reprises la muraille allemande Oliver Kahn, meilleur gardien de la Coupe du monde, qui n'avait jusque-là encaissé qu'un seul but en six matchs.

 

Mondial 2002 . Le Brésil qui s'est difficilement qualifié pour la Coupe du monde a gagné sa cinquième étoile en remportant magistralement sept matchs d'affilée. Phénoménal.
Le Brésil décroche sa Penta
Une 5e étoile (1958, 62, 70, 94, 2002) sera ajoutée au maillot jaune et vert confirmant, si besoin en était, que le Brésil est le meilleur joueur de football au monde. Cette fois, cela a été rendu possible grâce à un magnifique doublé du majestueux Ronaldo qui a permis à la Seleçao de dominer l'Allemagne (2-0). Les hommes de la Mannschaft n'ont pour autant rien à se reprocher. D'ailleurs, ils sont les premiers étonnés à être parvenus en finale. « Les gars ont bien joué et démontré un très bon esprit d'équipe. Une défaite en finale est bien sûr décevante, mais il ne faut tout de même pas oublier que ce sont les vice-champions », déclare Franz Beckenbauer, ex-sélectionneur allemand, vainqueur de la Coupe du monde 1990.
Seul le capitaine et gardien Oliver Kahn pourrait se mordre les doigts d'avoir laissé passer le premier but brésilien après avoir mal réceptionné un ballon, que Ronaldo n'a pas manqué de loger dans les filets. C'est sans doute une lourde erreur de l'excellent gardien du Bayern Munich (All), mais sa performance a été remarquable au long de la compétition. « Les erreurs, ça arrive mais c'est vraiment douloureux qu'une seule erreur soit sanctionnée aussi sévèrement », déclare Kahn. Son titre de meilleur gardien du Mondial reste cependant bien mérité.
La victoire du Brésil ne doit pour autant pas être attribuée à la chance ou à une erreur de l'équipe adverse. Les Sud-Américains ont été impressionnants et ont d'emblée été déterminés à restaurer l'image du Brésil après quatre années cauchemardesques depuis l'humiliante défaite en finale de la Coupe de 1998 face à la France 0-3. « Nous voulions remporter ce titre pour essuyer la tristesse accumulée depuis la précédente finale. Nous étions tous très déterminés », déclare la vedette brésilienne Rivaldo (Barcelone, Esp).
Sur sept matchs en Coupe du monde, le Brésil a inscrit autant de victoires avec une attaque qui a concrétisé 18 buts (meilleure attaque du Mondial avec une moyenne de 2,57 buts par match). Cette puissance offensive revient à un « R Royal » comme Ronaldo (8 buts), Rivaldo (5 buts) et Ronaldinho (2 buts) qui ont dévasté toutes les défenses adverses. Le sélectionneur brésiliens, Luiz Félipe Scolari, a tout misé sur la richesse de ce triple R en plus des deux latéraux, Roberto Carlos et Cafu.

Individualités exceptionnelles
Mais ce qui a fait la différence pour le Brésil ce sont ses individualités exceptionnelles. En huitièmes de finale, Rivaldo a ouvert le score contre la Belgique (2-0) par un puissant tir après un splendide dribble. Le n°10 brésilien, souvent critiqué pour son individualisme poussé, a eu son mot à dire dans les deux buts de la finale. Auteur du premier tir qui a filé des mains de Kahn, il a eu l'intelligence de laisser passer le centre pour Roland, dont le tir à ras-de-terre a trompé Kahn. Ronaldinho a, lui, effectué un quart de finale éclatant contre l'Angleterre (2-1) en offrant le premier but à Rivaldo après avoir trompé quatre défenseurs et en marquant le but de la victoire par un magnifique coup franc que le gardien anglais, David Seaman, pourra difficilement chasser de sa mémoire. Le miraculeux Ronaldo a été à la source de la gloire renouvelée. Auteur de huit réalisations, Ronaldo détient le record de buts marqués depuis l'Allemand Gerd Müller en 1970 (10 buts). Il a ainsi rejoint son compatriote, le légendaire Pelé avec un total de 12 buts en Coupe du monde et n'est surpassé que par Gerd Müller (14 buts) et Juste Fontaine (13 buts). Le Brésil lui doit beaucoup pour son but dans le plus style Romario en demi-finales contre la Turquie (1-0) et bien sûr son doublé contre l'Allemagne. « Personne ne peut arrêter Ronaldo. C'est un joueur sensationnel qui est capable de frapper à n'importe quel moment. Je pense qu'il a réussi à faire la différence pour le Brésil lors de cette Coupe ». Beckenbauer confirme que l'emblématique n°9 a bien été l'élément incontournable de la victoire des danseurs de samba, qui ont, au cours des deux dernières années, longtemps boité pendant son absence pour cause de blessure.

Homogénéité parfaite
Pour la première fois, le Brésil a adopté une organisation défensive efficace, laquelle n'a jamais constitué le point fort de cette équipe, de culture plutôt offensive. Scolari, souvent critiqué pour sa tactique prudente, s'est appuyé sur une défense en 5 éléments, organisée autour du trio Edmilson-Junior-Luccio, des deux latéraux Roberto Carlos (gauche) et Cafu (droite) avec devant eux deux milieux défensifs, Gilberto et Kleberson. « Le secret a résidé dans l'homogénéité de l'équipe », a dévoilé le sélectionneur brésilien. Un modèle qui s'est avéré efficace puisque le Brésil n'a encaissé que quatre buts en sept matchs dont deux lors d'un match sans enjeu du premier tour face au Costa Rica (5-2), après celui contre la Turquie (2-1), et contre l'Angleterre en quarts de finale (2-1). « Le Brésil a disputé de grands matchs lors de ce Mondial. Ils ont bien développé leur jeu et ont donc mérité le titre », affirme la vedette allemande Jürgen Klinsmann, ex-champion du monde en 1990.
Le Brésil, avec son Penta (cinquième titre), affirme sa suprématie sur le foot mondial durant cette dernière décennie : La Seleçao a décroché pas moins qu'une place en finale lors des trois dernières Coupes (champion en 1994, vice-champion en 1998 et champion en 2002). Il est à présent hors de portée de toute autre nation qui aurait espéré rattraper les 4 étoiles brésiliennes (trois titres pour l'Allemagne, l'Italie, l'Argentine). Loin d'être donné favori en début de compétition, en raison de ses piètres performances lors des qualifications (troisième des quatre places qualificatives), avec sa cinquième étoile, le Brésil est tranquille pendant au moins 8 ans s'il ne s'illustre pas à nouveau d'ici là.

Karim Farouk

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