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Le Suisse Joseph
Blatter, 66 ans, a été
réélu au poste de président de
la Fédération internationale de
football (FIFA) pour une nouvelle période de
quatre ans. Blatter a écrasé son
concurrent, le Camerounais Issa Hayatou,
président de la Confédération
Africaine de Football (CAF), lors du premier tour
du scrutin qui a lieu le mercredi 29 mai à
Séoul. Sur les 197 voix du Congrès de
la FIFA, le Suisse a récolté 139,
contre 56 seulement pour Hayatou (55 ans),
s'assurant ainsi largement la majorité
requise des deux tiers. Le soutien dont ce dernier
a bénéficié pendant la
campagne électorale de la part du patron de
la Fédération européenne de
football, l'UEFA, le Suédois Lennart
Johansson, lui même candidat malheureux
contre Blatter en 1998, ne lui aura pas suffi.
D'ailleurs, le Camerounais n'avait même pas
bénéficié du support de tous
les pays africains dont certains, comme le Ghana et
la Tunisie, ont donné leur voix à
Blatter, qui avait fait de larges tournées
afin de se procurer un maximum de soutien. Hayatou
s'est comporté comme un vrai gentilhomme et
a été le premier à
féliciter Blatter de sa victoire.
« Il peut compter sur ma collaboration
comme dans le passé », avait
déclaré le président de la CAF
pour confirmer sa loyauté.
Mais les maux de Blatter sont loin d'être
réglés par cette étourdissante
victoire. Rien pour l'heure n'indique que ses
opposants soient disposés à rentrer
dans le rang. « Le résultat est
on ne peut plus clair. Le Congrès s'est
prononcé et maintenant il nous faut
travailler ensemble. Cela ne sera pas facile, mais
j'espère y parvenir », a
déclaré l'un des
vice-présidents de la FIFA, l'Ecossais David
Will, qui avait refusé, peu avant le vote,
le retrait d'une plainte pour détournement
de fonds contre Blatter dont lui-même,
Johansson et neuf autres barons de la FIFA ont
saisi la justice suisse (le siège de
l'institution étant à Zurich).
Celle-ci ne s'est pas encore prononcée sur
la recevabilité de la démarche.
Meurtri par ces accusations, choqué
d'être présenté, selon ses
dires, comme un
« criminel », Blatter
s'est efforcé de réfuter les
agissements qui lui sont prêtés. Sur
la base d'un rapport établi par son
secrétaire général et
compatriote Michel Zen-Ruffinen, il lui est
notamment reproché des
irrégularités dans la gestion, de la
corruption et une manipulation des comptes. Michel
Zen-Ruffinen d'ailleurs a dû faire profil bas
après le résultat du scrutin.
« Je suis très content pour
lui. Mais les Fédérations ont
davantage pensé à leurs
intérêts particuliers qu'à la
FIFA », a dit Zen Ruffinen.
Pourtant, selon ce dernier, la prochaine
période risque de voir une grande fissure au
sein de la FIFA : « Cela va
être très compliqué pour
lui (Blatter) de réunifier la famille
divisée. Personne ne peut se mettre d'accord
sur les chiffres, ce qui signifie que le conflit va
perdurer et les membres du comité
exécutif qui ont perdu une bataille
aujourd'hui vont continuer le
combat ». En vue de calmer les
esprits, le président réélu a
fait un premier pas en direction de ses
détracteurs en annonçant la reprise,
après la Coupe du monde, des travaux de la
commission ad hoc créée le 9
mars par le Comité exécutif et
chargée d'examiner les finances de
l'organisation. Elle était censée
rendre ses conclusions avant le 30 avril mais, le
12 avril, M. Blatter en avait suspendu les travaux
en raison, selon lui, d'une
« violation de
confidentialité » de la part
d'un membre de ladite commission.
Blatter devrait pour l'heure jouir au moins d'une
trêve pendant le Mondial qui se terminera le
30 juin. C'est là un temps précieux
pour un homme comme lui, qui a passé plus de
27 ans dans la FIFA (depuis 1975), ce qui lui a
donné une parfaite connaissance des
coulisses de cette institution. Mais il devra
préparer une bonne défense pour
l'après-Mondial contre les graves
accusations qui lui ont été
adressées, sinon il risquerait de perdre son
poste plus rapidement qu'il ne s'y
attend.
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Mais le plus dur
sera pour Blatter de s'attaquer, et rapidement, aux
dossiers qui l'attendent. Blatter estime que les
membres du comité exécutif de la
FIFA, qu'il qualifie de « gouvernement
du football mondial », devraient
être élus, comme le président,
par le congrès de la FIFA, mais en
respectant la proportionnalité dans les
confédérations. Alors que pour
l'instant, ils sont élus par le
congrès de la confédération
dont ils dépendent. Cette modification
devrait se faire sur proposition des
confédérations et pourrait
s'appliquer dès 2004. La banqueroute
d'ISL et de Kirch, les
sociétés chargées des droits
de diffusion et de marketing de la FIFA, ont
souligné l'urgence de réformer des
structures mal adaptées au
développement de la FIFA, dont les droits de
transmission télévisée
constituent le fonds de commerce le plus
important.
La mise en place de la société
FIFA Marketing, en remplacement à
ISL et à Kirch, n'est pas une
solution définitive, mais une réforme
devrait intervenir rapidement dans la perspective
notamment d'une diminution attendue de ces droits
TV.
Loin de la structure et de l'économie, la
rotation et la répartition des places
accordées à chaque continent en Coupe
du monde sont deux autres dossiers très
importants à examiner qui pourront encore
agrandir sa popularité. En principe, la
Coupe du monde devrait être organisée
à tour de rôle tous les quatre ans par
chacune des 6 confédérations.
Cependant, il paraît peu probable que les
partenaires de la FIFA acceptent que le plus grand
événement footballistique ne vienne
sur le Vieux Continent que tous les 24 ans, au cas
où le système de rotation est
appliqué. Un compromis devra donc être
trouvé même si cela ne remet pas en
cause l'organisation par un pays africain en 2010
et par un retour en Amérique du Sud en
2014.
Le projet un instant envisagé d'organiser la
Coupe du monde tous les deux ans a pour l'instant
été laissé de
côté. Quant à la
répartition des places octroyées
à chaque continent pour la participation en
Coupe du monde, ce fut l'un des arguments
présentés par Issa Hayatou qui s'est
largement imposé. La proposition comprenait
l'attribution d'une place automatique à
l'Océanie et un billet supplémentaire
à l'Asie. Ce qui se serait fait au
détriment de l'Europe et de
l'Amérique du Sud.
Une place a déjà été
récupérée dans la mesure
où le pays champion du monde ne sera plus
automatiquement qualifié pour la Coupe du
monde suivante. En revanche, attribuer une place
à l'Océanie correspond à
donner une place quasi-automatique à
l'Australie qui survole les qualifications dans sa
confédération. Les
négociations s'annoncent
délicates.
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