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Un carré
d'or à trois défenseurs
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Brésil
Par excellence nation du jeu artistique, il a malgré tout affiché
un jeu teinté de conservatisme. La Seleçao a
joué en comptant sur une défense en 5 éléments
comptant sur un trio de charnière formé par Edmilson-Junior-Luccio
afin de permettre à ses deux latéraux, Roberto Carlos
(gauche) et Cafu (droite), d'accomplir leurs missions offensives.
« J'ai aussi aligné un joueur, Juninho Paulista, qui
a apporté beaucoup de dynamisme au milieu de terrain »,
complète le sélectionneur brésilien Luiz Félipe
Scolari. C'est d'ailleurs ce joueur qui a permis à l'équipe
de s'imposer largement contre le Costa Rica (5-2) ou la Chine (4-0).
Mais lors du second tour, Scolari l'a placé sur le banc de
touche lui préférant le milieu défensif Kleberson
aux côtés de Gilberto pour constituer une première
ligne défensive en milieu de terrain. Ronaldo portait seul
le fardeau de l'attaque, soutenu par Rivaldo et Ronaldinho, en plus
des incursions de Roberto Carlos et Cafu sur les flancs.
Ces diverses précautions de Scolari, vivement critiquées
par les 170 millions de Brésiliens avant le début du
mondial, lui auront néanmoins permis de s'offrir la Coupe du
monde !
L'Allemagne
La Mannschaft comptait avant tout sur sa puissante organisation défensive.
Le directeur technique allemand Rudi Völler a pour cela bien
fait comprendre à ses joueurs qu'il fallait se replier en milieu
de terrain dès que la balle était perdue. Dietmar Hamann,
pilier défensif du milieu, brisait donc les attaques avant
même que les puissants défenseurs Thomas Linke, Christoph
Metzelder et l'élégant Carsten Ramelow n'entrent en
action. Et si bien que les joueurs adverses aient réussi à
passer, ils devaient ensuite se mesurer à l'excellent gardien
Oliver Kahn, véritable muraille de fer intransperçable.
Völler comptait sur les centres de ses latéraux Torsten
Frings (droite) et Christian Ziege (gauche) aux attaquants
Miroslav Klose, butteur de l'équipe (5 buts) et Carsten Jancker.
Cette technique a fonctionné à merveille au premier
tour où ils ont su largement faire la différence face
à l'Arabie saoudite (8-0 ) et le Cameroun (2-0). Mais au second
tour, Völler a dû aligner Oliver Neuville, auteur du but
de qualification contre le Paraguay en 1/8es de finale, qui s'est
placé en milieu de terrain, créant une combinaison offensive
avec Bernd Schneider, pièce maîtresse de l'équipe
Michael Ballack (trois buts en six matchs). Mais en finale, face au
Brésil, les couloirs ont été bloqués et,
sans Michael Ballack, les machines allemandes n'ont pas pu résister
aux subtilités des danseurs de la samba.
La Turquie
Les héros du Bosphore ont constitué une des grandes
surprises de ce mondial. Médaillés de bronze pour leur
seconde participation en Coupe du monde, c'est le plus grand exploit
de leur carrière. Les hommes de Senol Gunes comptaient surtout
sur un jeu physique. Avec 19 cartons jaunes et deux rouges, les Turcs
ont aussi été au sommet des équipes les plus
violentes de cette Coupe du monde. La défense en 5 éléments
organisée autour du solide défenseur Ozalan Alpay n'a
laissé passé que 5 buts, dont trois par les rois brésiliens
(2-1 au premier tour, et 1-0 en demi-finales) et deux lors du match
de classement contre la Corée 3-2. Gunes comptait sur l'excellente
condition physique de ses joueurs en plus du talent des milieux Sas,
Basturk et Emre pour fournir le meilleur support à leur légende
Hakan Sukur en attaque. Mais ce dernier a perdu beaucoup de son prestige
lors de ce mondial et c'était à Hasan Sas, membre de
l'équipe type de ce mondial, et remplaçant d'Ilhan Mansiz,
butteur de l'équipe avec 3 buts, qu'est revenue la majorité
des honneurs.
La Corée
Le Néerlandais Guus Hiddink est l'artisan de la métamorphose
de l'équipe coréenne. Pour la première fois dans
l'histoire de la Coupe du monde une équipe asiatique a atteint
les demi-finales. Hiddink a appliqué le football néerlandais
en appliquant un 3-4-3 et laissant une très grande liberté
aux joueurs sur le terrain. Aidé par l'extrême rapidité
de son équipe, Hiddink a réussi à bousculer des
grandes nations telles que le Portugal 1-0 (premier tour), Italie
2-1 (1/8es de finale), Espagne 0-0, 5-3 t.a.b. (1/4 de finale) avant
de s'incliner face aux Allemands en demi-finale 0-1. Le talent d'Ahn
Jung Hwan, auteur du but de qualification contre l'Italie, et celui
de la star de l'équipe Seol Ki Hyen ont été satisfaisants
en attaque alors que l'expérience du défenseur Hong
Myung Bo a joué un grand rôle pour organiser le trio
de la défense. |
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K.F
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Mondial 2002 . Cette
édition a été marquée par un effacement
de l'esthétisme au profit d'un jeu plutôt athlétique
et par l'usage récurent d'un trio de défense centrale.
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Un retour
au libéro
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« La Coupe du monde
de Corée et du Japon ne nous a pas fait connaître de
nouvelles techniques de jeu comme cela à été
le cas lors des précédentes éditions. La majorité
des équipes a développé un jeu tournant autour
des classiques 4-4-2 ou 3-5-2 et de leurs variantes ».
Le Brésilien Carlos Alberto Parreira, ex-directeur technique
de la sélection brésilienne, championne du monde en
1994, souligne ainsi la carence de nouveautés techniques
du dernier Mondial. Le débat oppose toujours les équipes
disposant d'une ligne arrière organisée en trois joueurs
et celles qui en alignent quatre. La seule innovation est peut-être
que certaines ont alterné de l'une à l'autre formation,
et parfois lors d'un même match à l'image de l'Allemagne
et de la Turquie.
Car le football n'est plus une question de répartition numéraire
des joueurs sur le terrain. A présent, il repose sur
leur mission durant la rencontre. C'est pourquoi, leur polyvalence
est devenue essentielle : peu importe son poste, un joueur
doit savoir tackler, passer et tirer. « En termes de tactiques
et de formations, les combinaisons ont été épuisées.
Ce n'est plus ce dernier aspect qui fait ou ne fait pas gagner un
match. Nous assistons désormais à une confusion des
compétences. L'équipe qui comprend cela est celle
qui fera la différence », confirme le Français
Aimé Jacquet, ex-directeur technique de la France, championne
du monde en 1998.
En ce qui concerne la répartition sur le terrain, un aspect
a cependant été spécialement remarqué.
Celui du retour aux défenses organisées autour de
trois éléments centraux. Les grandes nations telles
que le Brésil, l'Allemagne, l'Italie et l'Argentine ont toutes
appliqué cette technique largement dominante au début
des années 1990. En effet, lors de la Coupe du monde de la
même année et même jusqu'à l'édition
de 1994, voire davantage, pratiquement toutes les équipes
évoluaient en 3-5-2. Elles ont d'ailleurs été
fortement critiquées lors du Mondial de 1990, car ce schéma
avait mené à un nombre important de matchs s'étant
terminé par des tirs aux buts.
En juin dernier nous avons assisté à un retour du
jeu physique et à nouveau à celui d'une préoccupation
défensive. Malgré certains résultats épatants,
comme celui du match Allemagne-Arabie saoudite (8-0) et Brésil-Costa
Rica (5-2), l'édition 2002 a totalisé 161 buts, 10
de moins que l'édition de 1998. « Le jeu physique
et les techniques défensives ont primé au cours de
ce Mondial. Si on se penche sur les résultats des seconds
tours, on remarque que les écarts de plus d'un but sont rares ».
A part Etats Unis-Mexique (2-0), Brésil-Belgique (2-0), Angleterre-Danemark
(3-0), et Brésil-Allemagne (2-0) les 14 autres matchs du
second tour se sont terminés par une différence d'un
but dont deux se sont terminés par des tirs au buts, Espagne-
Irlande en 1/8es de finale et Espagne-Corée en quarts de
finale.
Le Mondial de France était, lui, beaucoup plus ouvert puisque
la quasi-totalité des équipes alignait une défense
en quatre éléments. La différence est flagrante
si on examine le carré d'or de 1998 qui comprenait, le Brésil,
les Pays-Bas, la France et la Croatie, lesquels avaient tous organisé
leur défense autour de deux défenseurs centraux et
de deux latéraux. En 2002, les joueurs évoluant au
poste de libéro n'ont pas manqué de se faire remarquer.
Le Coréen, Hong Myung Bo (troisième meilleur joueur
du Mondial), l'Allemand Carsten Ramelow, le Brésilien Edmilson,
le Turc Ozalan Alpay ont tous impressionné les observateurs.
Mais cet éclat des défenseurs a tout de même
inquiété les férus de football pour qui les
buts marqués représentent le plaisir ultime. La performance
des joueurs comme Ronaldo (8 buts) qui a réussi, malgré
ces techniques défensives, à franchir le seuil des
6 buts mais qui n'égale pas encore Gerd Mueller en 1970 (10
buts) permet encore de croire que le talent surpassera toujours
les schémas défensifs.
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Karim Farouk
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